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James Comey : "Cette administration a choisi de me diffamer"


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James Comey : "Cette administration a choisi de me diffamer"

L’audition publique de l’ex-chef du FBI s’est achevée après un témoignage fleuve de deux heures et quarante minutes. James Comey a été interrogé sur les conditions de son limogeage et les interventions de Donald Trump dans l’enquête russe.

Cette audition très attendue a été suivie aux quatre coins des Etats-Unis. L’ancien directeur du FBI a tout d’abord juré sous serment de dire toute la vérité, rien que la vérité devant la commission du Renseignement du Sénat. “Les Américains ont besoin d’entendre votre version de l’histoire“, a déclaré en ouverture le président républicain de la commission, Richard Burr. “Nous établirons les faits, au-delà des spéculations“. C’est la première fois que James Comey, qui dirigeait la police fédérale depuis 2013, s’exprime en public sur les circonstances de son limogeage brutal par Donald Trump le 9 mai dernier.

Le 9 mai lorsque j’ai appris mon limogeage je suis rentré chez moi comme un simple citoyen. Les informations sur les raisons de mon limogeage n’ont cessé de changer“, a-t-il dit en commençant son propos, faisant part de sa surprise lors de cette annonce parce que Donald Trump lui avait dit à plusieurs reprises être content de son travail. “Merci à toutes celles et tous ceux qui m’ont soutenus. Je suis prêt à répondre à vos questions“, a-t-il ajouté. James Comey a commencé jeudi à livrer un témoignage exceptionnel au Sénat sur le président des Etats-Unis Donald Trump, qui l’a limogé le mois dernier après l’avoir pressé pendant des mois dans l’enquête sur la Russie. Dans une salle comble, James Comey est venu raconter ses conversations privées avec le locataire de la Maison Blanche devant la commission du Renseignement du Sénat, une séance retransmise par toutes les grandes chaînes de télévision américaines lors d‘émissions spéciales, dans la tradition des grandes auditions parlementaires qui ont marqué l’histoire du pays.

La quinzaine de sénateurs assis en face de l’ancien premier flic des Etats-Unis ont voulu savoir si les multiples requêtes présidentielles, formulées en tête à tête dans l’intimité du Bureau ovale ou de la Maison Blanche, représentaient une interférence politique et une entrave à la justice, un délit majeur qui dans le passé à conduit au lancement par le Congrès de procédures de destitution contre les présidents Richard Nixon et Bill Clinton.

James Comey a répondu que ce n‘était pas son rôle de qualifier juridiquement les requêtes du président. A la question de savoir si le président ou l’administration lui avait demandé d’“arrêter” l’enquête menée par le FBI sur les ingérences russes, il a répondu “non”.

Mais il a jugé que les actions du dirigeant américain étaient “très dérangeantes”, ne mâchant pas ses mots contre lui. Il a dénoncé les explications changeantes du locataire de la Maison Blanche sur les motifs de son licenciement, et accusé l’administration de l’avoir “diffamé”, défendant l’honneur du FBI, qu’il dirigeait depuis 2013. “Ce sont des mensonges purs et simples“, a-t-il dit des propos tenus par l’administration à l‘époque sur le mauvais état supposé de la police fédérale à son départ.

James Comey, 56 ans, a choisi de ne pas lire la déclaration écrite explosive qu’il avait fait publier la veille, répondant de suite aux questions pour gagner du temps. Dans celle-ci, il y confirmait que Donald Trump lui avait demandé de lever le pied sur l’enquête visant l’un de ses fidèles, le général Michael Flynn, ex-conseiller à la sécurité nationale, évincé en février pour n’avoir pas dit toute la vérité sur ses discussions avec l’ambassadeur russe aux Etats-Unis. “J’espère que vous pourrez trouver une façon d’abandonner cela, de lâcher Flynn. C’est un homme bien“, aurait ainsi plaidé Donald Trump le 14 février, un jour après le départ du général. Cette phrase à elle seule contredit le milliardaire, qui avait nié il y a trois semaines avoir formulé une telle demande. A l‘époque, ce conseiller était visé par une enquête pénale, a confirmé jeudi James Comey.

Il y a aussi relaté un dîner à la Maison Blanche, le 27 janvier, lors duquel Donald Trump lui aurait dit : “J’ai besoin de loyauté, je m’attends à de la loyauté“, une demande ambiguë adressée à l’homme qui supervisait à l‘époque l’enquête sur une éventuelle collusion entre des membres de l‘équipe de campagne de Donald Trump et la Russie pendant la campagne présidentielle de 2016. Pour le vice-président démocrate de la commission, Mark Warner, cette exigence de loyauté ressemble à une menace. “Le président lui-même semble avoir tenté d’influencer ou de coopter le directeur du FBI“, a déclaré Mark Warner.

James Comey s’est ensuite exprimé à huis-clos devant les mêmes sénateurs à partir de 17H00 GMT afin de pouvoir évoquer librement des informations classifiées.

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