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Le Qatar a pris un engagement, qui n'a pas été tenu


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Le Qatar a pris un engagement, qui n'a pas été tenu

Une crise sans précédent agite le Conseil de coopération du Golfe, le CCG, qui regroupe des monarchies pétrolières sunnites détentrices du tiers des réserves mondiales de brut.
Son unité a volé en éclats en début de semaine : cinq pays dont l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar qui est membre du CCG.

Nous faisons le point avec Noura Al Kaabi, ministre émiratie en charge des Relations avec le Conseil national fédéral.

https://www.theguardian.com/world/2017/jun/09/qatar-crisis-grows-as-arab-nations-draw-up-terror-sanctions-list

EURONEWS :
“Le CCG est-il au bord de l’explosion ? La situation peut-elle s’arranger ? Peut-on attendre de nouvelles réactions ?”

Noura Al Kaabi :
“Dans cette crise avec les responsables qataris, les réactions fortes ou cette escalade comme ils l’appellent, se sont simplement accumulées depuis vingt ans et il y a eu beaucoup de questions auxquelles nous nous sommes attaquées en tant que gouvernement lors de nombreuses réunions et en de nombreuses occasions au sujet de la politique du gouvernement du Qatar.
En 2014, le Qatar a pris un engagement, un engagement écrit sous le règne du feu roi Abdallah [d’Arabie saoudite]. Ces engagements comportaient des conditions qui étaient clairement stipulées et qui n’ont pas été remplies, des promesses qui n’ont pas été tenues.”

EURONEWS:
“Lesquelles par exemple ?”

Noura Al Kaabi :
“Par exemple, arrêter de faire de l’ingérence, de gêner des pays de la région, d’intervenir dans leurs affaires. C’est un premier point.
Il y a aussi le financement d’organisations terroristes, d’extrémistes, le fait que le Qatar soit un refuge pour les extrémistes et les Frères musulmans et qu’il ait une plateforme médiatique [Al Jazeera]qui serve de tribune pour des radicaux, des gens comme Al-Qaradawi qui est le père spirituel des Frères musulmans. C’est un individu qui a plus de sang sur les mains qu’un terroriste qui se fait exploser. Grâce à cette tribune médiatique, la stabilité et la sécurité sont ébranlées dans la région.”

EURONEWS:
“Les autorités d’Abu Dhabi et de Ryad sont-elles en train d’essayer de former un noyau dur au sein de l’Alliance militaire islamique ?”

Noura Al Kaabi :
“Nous, les Emirats arabes unis et les leaders de l’Arabie saoudite, de l’Egypte, de Bahrein, nous avons une même vision. Cette vision, c’est essentiellement de s’assurer que nous menons des politiques claires qui garantissent la stabilité et la prospérité de cette région. C’est un objectif commun. Nous ne pouvons pas avoir de prospérité économique, sociale alors que nous sommes au coeur d’une région comme la nôtre avec ce qui se passe autour de nous.
Je crois qu’après le Sommet de Ryad, nous sommes d’accord pour dire que le pays qui soutient le terrorisme est l’Iran.
Le gouvernement du Qatar a refusé de l’affirmer – ce qui est pour nous, le principal problème également – parce qu’il refuse d’admettre que l’Iran est la source du terrorisme dans cette région. Qu’il y ait d’autres mesures à l’encontre du gouvernement du Qatar, cela dépend de lui. Il a le choix : il peut respecter les conditions telles qu‘évoquées après le Sommet de Ryad et l’accord de 2014 et nous donner l’assurance qu’il agit. Il faut aussi que les autorités qataries gagnent de nouveau notre confiance.”

EURONEWS:
“Sinon ?”

Noura Al Kaabi :
“Autrement, ce sera le choix du Qatar d‘être isolé. Je crois qu’avec les mesures récentes d’isolement et de sanctions économiques, nous voulons envoyer un message au gouvernement qatari. Le message, c’est que nous attendons depuis vingt ans et depuis 2014. Donc simplement, la balle est dans son camp pour prouver qu’il envisage les prochaines étapes. Est-ce qu’il envisage de garantir la stabilité et la prospérité économique et aussi de gagner la confiance de ses voisins ? Est-ce l’objectif que les autorités qataries veulent atteindre à long terme ? Si c’est ce qu’elles veulent obtenir, nous leur demandons de porter un nouveau regard sur leurs actions récentes en ce qui concerne l’affaiblissement de cette région et aussi de voir ce qui se passera au sein même de leur pays si les sanctions sont renforcées. Je pense que les conséquences seront quelque chose que nous ne voulons pas voir, à savoir de la souffrance pour la population du Qatar.”

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