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Créer des emplois durables grâce au partenariat UE-Afrique


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Créer des emplois durables grâce au partenariat UE-Afrique

L‘édition 2017 du Forum des affaires Union européenne – Afrique qui s’est tenue le 7 juin à Bruxelles a mis à l’honneur l‘éducation, le numérique et l‘énergie, des domaines-clés qui contribuent à bâtir une croissance durable à l‘échelle de la planète. C’est en particulier dans ces secteurs que les partenariats entre l’Union européenne et l’Afrique se renforcent, notamment grâce au Plan d’investissement extérieur de la Commission.

Comment favoriser la création d’emplois durables. C‘était le thème central du Forum des affaires Union européenne – Afrique à Bruxelles. Cet évènement initié par la Commission européenne est une illustration de son Plan d’investissement extérieur. Il s’agit de renforcer les partenariats avec l’Afrique notamment et contribuer à réaliser les Objectifs de développement durable fixés pour 2030 par les Nations-Unies.

“Le Plan d’investissement extérieur s’appuie sur trois piliers, explique Roberto Ridolfi, directeur de la croissance et du développement durable au sein de la Commission européenne. Le premier, c’est l’atténuation des risques liés à l’investissement dans divers secteurs afin de créer des emplois ; le deuxième, c’est l’assistance technique et cela consiste à préparer le terrain des affaires, le rendre plus propice aux investissements et le troisième, c’est le dialogue politique que nous menons sur les droits de l’Homme, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption,” énumère-t-il.

En plus de l’aide au développement, 3,35 milliards d’euros de fonds européens seront consacrés à ce plan d’ici à 2020. Ce qui permettra avec le renfort du secteur privé, de mobiliser jusqu‘à 44 milliards d’euros d’investissements supplémentaires. Une initiative saluée par l’Union africaine. “Pour être capable de surmonter les manques en terme financiers et techniques dans les infrastructures en Afrique, estime Amina Abou-Zeid, commissaire en charge des infrastructures et de l‘énergie au sein de l’Union africaine, nous avons besoin de toutes les parties prenantes et certainement, de partenariats public-privé et l’implication du secteur privé est cruciale dans ce type d’effort.”

“Investir dans l’humain”

Les garanties financières européennes permettent de rassurer le secteur privé quand il s’agit d’investir dans des économies encore fragiles. Président du syndicat patronal français Medef, Pierre Gattaz y voit le signe d’une stratégie à long terme à l‘égard de l’Afrique. “Travailler avec les entreprises, en particulier les PME, est un élément fondateur du programme qu’il faut mener pour rapprocher l’Europe et l’Afrique, assure Pierre Gattaz avant d’ajouter : Quand vous êtes rentables, vous pouvez investir, investir dans l’humain, investir dans la formation de vos salariés, vous pouvez inscrire une entreprise dans la durée.”

Comme nous le précise notre reporter Isabel Marques da Silva, “le Forum s’est déroulé lors des Journées européennes du développement. Occasion pour les participants de préparer le prochain Sommet des chefs d’Etat UE-Afrique en novembre.”

C’est la Côte d’Ivoire qui accueillera l‘évènement. Son vice-président Daniel Kablan Duncan était présent à Bruxelles. Il a souligné le rôle-clé des entreprises internationales et locales dans le développement de l’Afrique. “Nous voulons avoir davantage de secteur privé chez nous parce que l’aide publique s‘épuise, indique-t-il. Il faut créer un climat des affaires qui soit favorable afin d’avoir davantage d’entreprises qui s’installent, en liaison avec celles déjà sur place, non seulement pour la création d’emplois, mais aussi pour le transfert de savoir-faire des pays développés vers les pays en développement,” poursuit-il.

Numérique et économie verte

L‘éducation et le numérique sont des domaines prioritaires quand on veut stimuler la création d’emplois. Valoriser le capital humain est essentiel, estime Rebecca Stromeyer, fondatrice d’une Conférence annuelle internationale sur les nouvelles technologies et l’enseignement, eLearning Africa.

“L’Afrique dispose de nombreuses ressources, mais les ressources, ce sont aussi les gens : quand la population est bien formée, que les compétences sont là, alors c’est gagné, lance-t-elle. Ce qui est très, très important pour les gouvernements, c’est de faire le point sur leurs infrastructures et de s’assurer que tout le monde ait accès à internet – c’est un droit universel – et que les coûts de connexion soient faibles,” estime-t-elle.

Créer des emplois durables, cela veut dire également bâtir une “économie verte” : des activités qui assument leur part dans la lutte contre le changement climatique et qui se tournent vers des sources d‘énergie alternatives et peu coûteuses.

Seyni Nafo, président du groupe des négociateurs africains sur le climat, fait remarquer : “L’Afrique dispose du potentiel le plus élevé en matière d‘énergies renouvelables, mais dans le même temps, son accès à l‘énergie est le plus faible au monde. Il y a donc une opportunité de combler ce fossé et d’apporter une contribution significative au développement durable, ainsi qu‘à la lutte contre le changement climatique,” affirme-t-il.

De telles rencontres sont déterminantes pour l’avenir de l’Afrique où d’après le Rapport 2017 sur la compétitivité du continent, la population active devrait croître de près de 70% entre 2015 et 2035.

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