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France : Bayrou peut-il être crédible sur la moralisation publique ?


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France : Bayrou peut-il être crédible sur la moralisation publique ?

Ah, comme ils doivent le détester, les hommes politiques français dans leur ensemble, ce Canard enchaîné qui met son bec à l’endroit où ça fait mal, et toujours au mauvais moment ! Le ministre de la Justice, François Bayrou, a choisi ce mercredi pour présenter sa chère loi de moralisation de la vie publique, et c’est le même jour que le célèbre hebdomadaire satirique sort des révélations sur un emploi fictif présumé de la secrétaire particulière du président du parti centriste MoDem. Karine Aouadj, selon le Canard, aurait parallèlement été rémunérée en partie par le Parlement européen en tant qu’assistante de la députée européenne Marielle de Sarnez.


Le parquet de Paris a déjà ouvert une enquête préliminaire pour vérifier si le MoDem a payé, ou non, certains de ses employés en les faisant passer pour des assistants parlementaires européens. “L’enquête établira les faits, a donc réagi François Bayrou aujourd’hui. Moi, je protège l’indépendance de la justice et j’ai confiance en elle”. Il n’empêche que la polémique ne pouvait pas plus mal tomber, alors que les Français se disaient cette fois que les abus et les dérives de leur classe politique allaient être stoppés, enfin !

L'intégrité de Bayrou ne faisait pas de doute

Mais comment douter d’un élu qui, tout au long de sa carrière, n’a cessé de se fâcher contre le manque de moralité dans le milieu politique ? François Bayrou avait d’ailleurs fait de son idée d’un projet de loi de moralisation l’une des principales conditions pour s’allier au mouvement d’Emmanuel Macron, alors en bonne marche vers le palais de l’Elysée. “Il a contribué à l‘écrire, il l’a porté”, a rappelé ce mercredi le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. Le président français y a tellement cru qu’il en a fait le premier grand chantier législatif de son quinquennat.


Alors, ce début chaotique risque-t-il de se transformer en cauchemar pour La République en marche si bien partie, éclaboussant de fait le président Macron ? On a bien sûr en tête les scandales Cahuzac et Fillon qui ont clairement plombé le mandat de l’ex-président socialiste François Hollande puis la course présidentielle 2017 du candidat du parti de droite Les Républicains. Tout va dépendre d‘éventuelles autres révélations de la presse sur les soupçons qui pèsent sur le MoDem, dépendre aussi des capacités de son patron, François Bayrou, de se défendre.

Un couac, ça va, deux couacs...

Et il faudra compter surtout sur l’habilité d’Emmanuel Macron à trancher, afin de se sortir le plus rapidement possible d’un piège qui deviendrait mortel pour son image, à peine le quinquennat entamé. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a déjà tenté de recadrer son ministre de la Justice, mais plusieurs journaux y ont vu un mauvais signe : “Un premier couac pour le gouvernement”, estime Libération, “Un premier clash” écrit Le Figaro.

Un confrère du quotidien Le Monde décrit “une mise en scène” à la sortie du Conseil des ministres :


Rien ne vaut un dessin de PLANTU pour résumer la situation :


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