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France : Anacrim, un super logiciel pour résoudre l'affaire Grégory


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France : Anacrim, un super logiciel pour résoudre l'affaire Grégory

Les assassins qui sont passés à travers les filets de la police ou de la gendarmerie française il y a des dizaines d’années vont devoir retenir son nom, car c’est désormais leur meilleur ennemi : Anacrim.

Sans ce logiciel de pointe, l‘énorme dossier de l’affaire Grégory, l’une des plus mystérieuses et marquantes de la fin du XXe siècle, reposerait définitivement dans une salle de tribunal. 33 ans après le crime du petit Grégory Villemin, qui avait 4 ans, dans le département des Vosges, Anacrim a permis au Service central du renseignement criminel de la gendarmerie de revisiter toute l’enquête et de retrouver peut-être la bonne piste.


Pas moins de 12 000 pièces ont été entassées depuis le drame, la découverte du corps de l’enfant dans la rivière Vologne le 16 octobre 1984. L’enquête avait été rouverte en 1999, puis en 2008, dans l’espoir de découvrir encore des traces d’ADN sur les scellés, mais la police scientifique et technique avait fait chou blanc.

Alors pourquoi s’acharner sans aucun élément nouveau ? Justement parce que le super logiciel permet de tout trier, les milliers de procès-verbaux, d’auditions de témoins, d’indices, de données techniques, puis de faire des recoupements, de souligner les incohérences dans un emploi du temps ou les contradictions dans certains témoignages… Bref d’apporter aux enquêteurs de nouvelles hypothèses, de suivre une piste ancienne mais avec une autre logique.


Un logiciel devenu indispensable

Dans l’affaire Grégory, grâce à Anacrim, les experts gendarmes ont particulièrement réussi à reconstituer la chronologie exacte des jours qui ont précédé et suivi le crime, en situant l’ensemble des protagonistes dans l’espace et le temps. Résultat : la garde à vue à Dijon de l’oncle maternel de Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, et d’une belle-soeur.

Le logiciel d’analyse criminelle est devenu “un outil indispensable”, estime le colonel Berger, le chef du Bureau des affaires criminelles de la gendarmerie. “Le cerveau humain a ses limites, explique-t-il, il n’est pas toujours capable d’analyser des faits parfois anodins”. Environ 400 gendarmes sont formés à ce logiciel en France. Anacrim les a déjà aidé par exemple à prouver que le tueur Michel Fourniret avait commis des meurtres qui ne lui avaient pas été imputés auparavant.


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