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Le festival d'Aldeburgh et la magie du "Songe" de Britten


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Le festival d'Aldeburgh et la magie du "Songe" de Britten

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Il y a un demi-siècle, Benjamin Britten inaugurait avec “Le Songe d’une nuit d‘été”, la salle de concert créée pour le Festival d’Aldeburgh, un lieu révolutionnaire pour l‘époque. Afin de célébrer ce cinquantième anniversaire, une nouvelle production envoûtante de ce chef-d’oeuvre a ouvert l‘édition 2017 de cet évènement dédié à la musique classique qui se tient chaque année dans l’est de l’Angleterre.

Il était une fois, une nouvelle version du “Songe d’une nuit d‘été” et le chef-d’oeuvre de Benjamin Britten libéra toute sa magie.

Cet opéra a ouvert l‘édition 2017 du Festival d’Aldeburgh que le compositeur britannique a d’ailleurs cofondé, exactement comme il y a cinquante ans lors de l’inauguration de sa salle de concert créée dans une ancienne usine de maltage.

Roger Wright, directeur général de ce site appelé Snape Maltings, nous en dit plus : “C’est l’un des premiers bâtiments industriels à avoir été transformés en lieu culturel. Donc en soi, c‘était quelque chose de révolutionnaire ; on pense que cela va de soi aujourd’hui : on joue de la musique dans des endroits inhabituels, sur des sites industriels, dans des églises ou dans des espaces réaménagés, mais dans les années 60, c‘était révolutionnaire et vraiment très spécial pour la production musicale en général,” souligne-t-il.

Netia Jones : “Authenticité et fraîcheur”

La vidéaste britannique Netia Jones signe la mise-en-scène de cette production ensorcelante du Songe d’une nuit d‘été. “Le plus important pour moi, explique-t-elle, c‘était de créer une atmosphère et un environnement qui permettent de se plonger totalement dans cette incroyable musique et d’illustrer un peu la magie de ce lieu.”

“Mon objectif, poursuit-elle, c‘était simplement de présenter quelque chose qui ait un certain degré d’authenticité, mais avec un soupçon de fraîcheur et je pense que c’est exactement ce que Britten faisait. Il s’intéressait tellement aux idées, aux sources d’inspiration et à la modernité ; mais il ne se souciait pas d‘être moderne, il voulait explorer,” estime-t-elle.

Iestyn Davies, le contre-ténor britannique qui interprète le personnage principal Oberon, nous donne ses impressions sur sa mise-en-scène : “La manière unique dont Netia utilise la vidéo et les projections fonctionne tout particulièrement sous la forme d’un voile à travers Oberon. C’est un peu comme si dans l’ensemble de cet opéra, il était question de sommeil et qu’il y avait cette brume à travers laquelle on peut voir la réalité ou quelque chose qui n’est pas la réalité,” fait-il remarquer.

Une “atmosphère exceptionnelle” à Aldeburgh

Dans le rôle de Tytania, la soprano Sophie Bevan. “Ce qui était merveilleux avec Britten, nous dit-elle, c‘était qu’il donnait la priorité à la notion de communauté, il fallait que quel que soit l’endroit où avait lieu le concert, les gens puissent participer. Par exemple, dans cet opéra, des garçons d’une chorale d’une école locale chantent sur scène. Aucun n’avait joué dans un opéra avant et c’est merveilleux et excitant pour eux.”

“Cela fait quelque chose d‘être ici [à Aldeburgh], il y a quelque chose qui flotte dans l’air – la musique, l’art, la culture -, donc on ne peut pas s’empêcher d‘être attiré par cela et d‘être emporté par cette atmosphère exceptionnelle,” assure-t-elle avec enthousiasme.

Lise Pedersen avec Stéphanie Lafourcatère

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