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Andy Murray, cap sur Wimbledon


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Andy Murray, cap sur Wimbledon

À l’approche de Wimbledon, le tournoi de tennis international le plus prestigieux, Euronews a rencontré le joueur britannique Andy Murray, qui a remporté le titre en individuel l’an dernier chez les hommes. Il est actuellement numéro un mondial, et a été le premier Britannique à remporter le trophée depuis 1936. Il a aussi décroché l’or aux Jeux olympiques en 2016, mais cette année, il devra affronter deux géants du tennis : Rafael Nadal et Roger Federer.

Andy Robini, Euronews : Andy Murray, vous êtes arrivé à vous maintenir au sommet, ce qui témoigne d’une grande régularité. Récemment, vous avez montré un jeu solide aux internationaux de France. Wimbledon, où le terrain semble à votre avantage, s’approche à grands pas. Qu’est-ce que ça signifie, pour vous, de jouer ici ? Quelle ambiance y règne ?

“Andy Murray, numéro un mondial de tennis – C’est évidemment un moment particulier de la saison pour les joueurs britanniques. Il y a peut-être un peu plus de pression que d’habitude, mais l’ambiance est formidable. Le soutien des supporters pendant la période des tournois sur gazon est vraiment super pour nous, cela m’a beaucoup aidé tout au long de ma carrière, tout comme les autres joueurs. Tim Henman a réalisé ses meilleures performances, de loin, à ce moment-là. Beaucoup de gens pensent que la pression et l’attention focalisée sur les joueurs nous compliquent le jeu. Mais je crois que le soutien qu’on a pendant les matches compense largement cela et fait la différence”.

Êtes-vous à l’aise avec la “Murraymania” ? Cela vous porte-t-il dans votre jeu ou cela ajoute-t-il de la pression au tournoi ?

“La pression est une bonne chose. Le fait d‘être sous tension, aussi, m’aide à me concentrer. Cela peut être parfois stressant, bien sûr, mais une fois que vous êtes sur le court, la pression et la tension deviennent positives. Cela aide à mieux jouer, une fois qu’on s’y est habitué. J’espère que ce sera encore le cas cette année”.

Parlons de vos adversaires. Quels sont les vrais challengers cette année ?

“En sport, c’est toujours très dur à dire. À l’open de France, côté dames, c’est Jelena Ostapenko, qui avait 19 ans, et en a eu 20 pendant le tournoi, qui l’a emporté. Elle était classée 50ème joueuse mondiale. Chez les hommes, c‘était un peu plus attendu. Récemment, ce sont les mêmes joueurs qui on gagné. Federer a évidemment très bien joué cette année, et Nadal a eu un parcours génial aux Internationaux de France. J’espère aussi que je ferai une belle performance, mais je crois que ce sera un tournoi intéressant. Il y a plusieurs joueurs qui peuvent sortir vainqueur”.

Vous parlez de Federer. Vous avez perdu contre lui en 2012 et vous avez prononcé un discours après la finale dont tout le monde se souvient. C‘était émouvant. Quel chemin avez-vous parcouru, depuis, physiquement et mentalement ?

“C‘était plutôt dur pour le mental… Cette défaite a été difficile. Cela a été l’un des matches les plus durs que j’aie disputé de ma carrière. C‘était la quatrième fois que je perdais lors d’une finale du grand chelem. Je n’en avais pas encore remporté à cette époque-là. Alors que j’avais de réelles chances pour ce match… J‘étais à plat. J’avais l’occasion de remporter le deuxième set, mais je n’ai pas pu, donc c‘était très dur pour moi, mais je m’en suis bien remis. J’ai joué sur le même court contre Roger lors des Jeux olympiques, en finale, quatre semaines plus tard et j’y ai joué l’un des plus beaux matches de ma carrière. Ce match a été une sorte de tournant”.

Et votre staff ? Votre coach, Ivan Lendl, est une légende du sport. Qu’est-ce que cela fait de travailler avec lui ? Et durant votre apprentissage, quel était votre modèle ?

“Cela aide beaucoup d’avoir un ancien grand joueur au sein de son équipe, parce qu’il a vécu de nombreuses expériences qui sont identiques aux nôtres lors des finales du grand chelem. Affronter de grands joueurs, se battre constamment pour améliorer son jeu si on veut rester au top… La plupart des grands joueurs ont eu des coups durs dans leur carrière, et quand vous entendez l’un d’entre eux vous dire : “écoute, quand j’ai traversé ça et ça…”, cela aide et fait la différence. C’est pourquoi vous voyez beaucoup de joueurs de haut niveau travailler avec d’anciens joueurs, surtout ceux qui ont été au sommet de leur jeu”.

Cela doit être difficile. L’agenda des tournois est totalement plein. Vous pensez que c’est trop ? Qu’ils devraient réduire le nombre de tournois obligatoires ?

“Oui, ce serait bien pour le tennis. Cela contribuerait à la longévité des joueurs, ce qui serait une bonne chose. La saison débute la première semaine de janvier et le dernier tournoi a lieu entre le milieu et la fin du mois de novembre. Cela varie selon les années, mais ils ont peu de temps pour se reposer. C’est important d’accorder une pause à son corps, mais la façon dont ça se passe actuellement fait qu’il faut ruser avec son agenda pour prendre les jours et les semaines de repos dont on a besoin, quand on peut. Ce qui serait plus aisé avec moins de tournois obligatoires”.

Qu’auriez-vous fait si vous n‘étiez pas devenu joueur professionnel ?

“Je suis très reconnaissant, d’avoir pu faire carrière dans le tennis. Mais quand j’avais 15 ans, j’ai pris la décision de passer professionnel, et de voir ce que ça allait donner, et ça a marché. J’aurais pu faire les choses autrement, j’aurais aimé passer du temps à l’université, beaucoup de mes amis l’ont fait, et ont vécu une période formidable dans des universités américaines. avec un peu moins de pression, ils ont continué le tennis, mais ont aussi suivi des études supérieures. Mais moi, j’ai arrêté l‘école tôt, et heureusement, le tennis a marché, mais peut-être que j’aurais fait les choses d’une autre manière. J’aurais adoré travailler dans le sport. Quand j‘étais petit, je pratiquais plein de sport différents, je les regardais aussi à la télé, je les suivais. J’adore ça, donc j’aurais travaillé dans ce domaine, c’est sûr”.

Récemment, vous avez rendu hommage aux victimes des attentats de Londres et de Manchester. Dans votre autobiographie, vous évoquez un incident que vous avez vécu étant plus jeune, une fusillade à l‘école. Quelle trace gardez-vous de cela ? Comment devient-on numéro un mondial après avoir assisté à une chose pareille ?

“Cela a été une période difficile pour tout le monde, dans notre ville, et pour les familles. J‘étais très jeune, donc je ne sais pas quel impact ça a eu sur mon jeu, mais je suis fier de ce que j’ai réussi à faire au cours de ma carrière, et je suis reconnaissant pour tout le soutien que j’ai toujours reçu de Dunblane. Chacun gère les problèmes à sa manière, mais je pense que la meilleure chose à faire est d’en parler. Il faut en discuter. C’est important de parler de ses problèmes et de ne pas les enfouir. Sinon, cela peut rendre les choses encore plus dures, et s’ouvrir aux autres reste la meilleure option”.

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