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Quinoa, amarante : les céréales du passé, aliments de demain ?


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Quinoa, amarante : les céréales du passé, aliments de demain ?

Les protéines végétales peuvent contribuer à répondre à la hausse de la demande mondiale en denrées alimentaires et à lutter contre le changement climatique. C’est le credo du projet Protein2Food que nous découvrons dans cette édition de Futuris.

“Et si nous trouvions comment nourrir les générations futures en puisant dans notre passé ? Des plantes comme le quinoa, graine sacrée des Incas, peuvent représenter des alternatives à la viande, nous précise notre reporter Claudio Rosmino. À Caserte, dans le sud de l’Italie, où il s’est rendu, des chercheurs testent ce type de cultures dans le cadre du projet Protein2Food.

Ces plantes pourraient bientôt, se faire une plus grande place dans nos assiettes. Pour répondre à la demande croissante en denrées alimentaires dans le monde, il apparaît nécessaire de diminuer la part de protéines animales très présentes dans notre nourriture pour les remplacer par des sources protéiniques végétales de grande qualité.

Meilleure qualité nutritionnelle et grande résistance

Cataldo Pulvento, chercheur à l’institut ISAFOM qui dépend du Conseil italien de la recherche, nous en dit plus : “Dans la composition des protéines du quinoa et de l’amarante, on trouve tous les acides aminés essentiels, donc même ces céréales apportent moins de protéines que les légumineuses, elles ont une meilleure qualité nutritionnelle.”

Ces scientifiques participent à un projet de recherche financé par l’Union européenne qui a pour but, de déterminer les meilleures conditions de culture de céréales et légumineuses intéressantes nutritionnellement.

“Le quinao et l’amarante résistent plutôt bien au stress abiotique – des conditions défavorables -, indique Cataldo Pulvento avant d’ajouter : Dans le sud de l’Europe, les principales causes de stress abiotique sont le manque d’eau et la salinité.”

Réduire la consommation d’eau

Pour chaque variété, il faut trouver comment obtenir le meilleur rendement en consommant le moins d’eau possible. Une préoccupation majeure pour ces chercheurs dont le but est aussi de réduire l’impact environnemental de la production intensive de viande.

“On peut manger de la viande, cela a un bon goût, concède Sven-Erik Jacobsen, coordinateur du projet Protein2Food et professeur à l’Université de Copenhague, mais le coût est très important, poursuit-il, quand on regarde la terre qu’il faut exploiter pour produire les plantes qui vont permettre de nourrir les animaux. Et puis, la consommation d’eau est énorme : pour produire un kilo de viande, il faut dix fois plus d’eau que pour la même quantité de plantes,” insiste-t-il.

Dans son laboratoire d’Ercolano, l‘équipe mène des analyses 3D pour voir comment les plantes réagissent aux tests de stress. Le rendement et la qualité sont des critères essentiels pour établir le potentiel des différentes variétés.

“L’agriculteur doit avoir l’information pour être sûr de cultiver une plante qui a un bon rendement, explique Giacomo Mele, chercheur à l’ISAFOM.
Ce que nous faisons pour les consommateurs, précise-t-il, c’est que nous analysons la composition des graines : chacune a des qualités qui peuvent être appropriées pour l’alimentation.”

Jusque dans l’assiette

Ce projet touche tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement alimentaire jusqu‘à la préparation de ces fameuses céréales et légumineuses. Raffaele Ingicco, chef du restaurant Giosole Capua, en est un ambassadeur auprès de sa clientèle. “Les gens ne savent pas assez de choses sur le quinoa, regrette-t-il, mais si on le mélange avec d’autres légumineuses, dit-il, il peut devenir un ingrédient génial pour faire une soupe d’une grande qualité gustative, par exemple.”

Sven-Erik Jacobsen, coordinateur du projet, insiste sur les vertus de ces céréales : “Elles vont améliorer notre régime alimentaire à la maison le soir, quand on prend notre dîner en famille ; on mangera beaucoup plus varié et puis, cela va améliorer la fertilité des sols, on peut dire qu’il n’y a que des avantages,” affirme-t-il.

D’après les porteurs du projet, accélérer la transition des protéines animales vers les protéines végétales aura également un impact positif sur la biodiversité et la santé humaine et réduira notre empreinte carbone.

Claudio Rosmino avec Stéphanie Lafourcatère

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