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France : des chaînes empêchent Le Pen père d'entrer au siège du FN


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France : des chaînes empêchent Le Pen père d'entrer au siège du FN

Le parti de l’extrême-droite française, le Front national, est le théâtre d’une tragédie grecque permanente. Premier acte de la réunion du bureau politique, qui s’est déroulée ce mardi au siège de Nanterre, dans le département des Hauts-de-Seine en région parisienne, la énième scène de ménage familiale entre le père et la fille, Jean-Marie et Marine Le Pen. Le premier, chassé de son propre parti mais qui a pu garder la présidence d’honneur grâce à une décision de justice, s‘était bien promis d’aller perturber le débat interne mais il s’est vu empêché d’entrer.


Le ridicule ne tue pas, alors les grilles d’entrée du “Carré”, comme l’on surnomme le quartier général du FN, étaient carrément bloquées par des chaînes. “Comme j’ai passé l‘âge de sauter les barrières…”, s’est résigné le cofondateur du mouvement et eurodéputé, âgé de 89 ans, non sans faire constater par un huissier qui l’accompagnait ce qu’il qualifie de “voie de fait”. “Le bureau politique, a-t-il dénoncé, brave à la fois les statuts, les décisions du congrès, des tribunaux et je dirais les lois de la pudeur la plus élémentaire”.

Cadeau empoisonné pour l'anniversaire de Jean-Marie


Deuxième acte, la énième attaque du papa à l’encontre de sa chère fille : “Si je n’avais pas prêté neuf millions d’euros au Front national, non seulement il n’aurait pas pu participer aux élections législatives mais même pas à l‘élection présidentielle. C’est par cette délicatesse du coeur particulière que Marine Le Pen a tenu à me faire un cadeau le jour de mon anniversaire”.

Et Jean-Marie Le Pen d’ajouter : “Le FN vient de subir deux échecs cinglants (aux élections présidentielle et législatives), le bureau exécutif aurait dû démissionner“. Pour conclure, le baiser de la mort : et Marine, doit-elle démissionner ?, l’ont questionné des journalistes sur place. “A mon avis, oui”, a tranché le patriarche.

L'affaiblissement de Philippot, cadeau pour les frondeurs

8 membres du Front national élus députés, c’est “historique”, s’est enthousiasmé Marine Le Pen, oubliant que les frontistes en attendaient beaucoup plus. Cela lui permet de reprendre la main car sa légitimité était remise en question par certains barons, depuis sa lamentable prestation lors du débat télévisé de la présidentielle face à Emmanuel Macron.

Mais la présidente du FN n‘échappera pas à une “refondation” du parti, comme elle l’a d’ailleurs concédé. Maintenant que Florian Philippot, le vice-président qui faisait la pluie et le beau temps, s’est fait sortir au second tour des législatives, les frondeurs ont la voie plus libre.


Les contestataires estiment notamment que le thème de la sortie de l’euro a agi comme un repoussoir pour les électeurs tentés par le Front dans le sud de la France. “Il n’est pas concevable d’avoir eu tant de difficultés dans le Gard”, s’est emporté Gilbert Collard qui a finalement été réélu dans ce département.

Marc-Etienne Lansade, le maire FN de Cogolin, dans le Var, est encore plus direct : “Est-ce que Marine Le Pen va prendre en considération le message interne, a-t-il déclaré à l’Agence France Presse, à savoir que des gens comme moi s’opposent à la sortie de l’euro, aux 35 heures, à la retraite à 60 ans, au maintien de l’ISF…”