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Il y a le feu au gouvernement, Bayrou quitte le navire

Le parti centriste est sous le coup d'une enquête sur des emplois présumés fictifs d'assistants parlementaires.

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Il y a le feu au gouvernement, Bayrou quitte le navire

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Trois ministères cruciaux vides, un départ lundi, un départ mardi, deux départs mercredi, la fuite a été difficile à colmater… Et le gouvernement français ne pouvait pas donner une plus mauvaise impression un peu plus d’un mois après l’arrivée d’Emmanuel Macron au palais de l’Elysée.

Mercredi, François Bayrou, le président du parti centriste MoDem qui occupait le poste de ministre de la Justice, a annoncé sobrement qu’il avait “pris la décision de ne pas faire partie du prochain gouvernement”, quelques heures avant l’annonce de la composition du nouvel exécutif d’Edouard Philippe.

François Bayrou n’est resté ministre que 35 jours :


Dans la foulée, Marielle de Sarnez, le bras droit de Bayrou au MoDem, a indiqué qu’elle sortait également de l‘équipe gouvernementale. “Une décision personnelle”, a expliqué le porte-parole. La ministre sortante des Affaires européennes souhaite présider le groupe du mouvement centriste à l’Assemblée nationale.

Sachant que Sylvie Goulard, proche du MoDem, a renoncé pour sa part, mardi, au ministère des Armées, les centristes ont disparu de l’exécutif. Ils ont tous préféré laisser tomber, sous la pression d’une affaire – une de plus ! – d’emplois fictifs présumés d’assistants au Parlement européen. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris le 9 juin dernier.

Un sondage Harris Interactive indique qu’une majorité de Français, 57%, souhaitait la sortie de François Bayrou :


Macron perd ses hommes-clés

Avant que le MoDem, l’allié principal du parti présidentiel La République en marche, ne quitte le navire précipitamment, Emmanuel Macron s’est vu obligé de se priver de Richard Ferrand, l’un de ses compagnons de route dans la conquête du pouvoir. Le ministre de la Cohésion des territoires a jeté l‘éponge, confronté pour sa part à un conflit d’intérêt présumé au sein des Mutuelles de Bretagne en 2011, affaire une nouvelle fois révélée par le Canard enchaîné, preuve que l’hebdomadaire n‘épargne aucun camp, contrairement au procès que lui font régulièrement nos hommes politiques.


Seul avantage, le gouvernement Philippe 2, que l’on présentait plutôt comme un remaniement, a créé plus de curiosité.