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RDC : l'ONU dénonce les violences dans le Kasaï

Le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme soupçonne les autorités d'armer une milice

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RDC : l'ONU dénonce les violences dans le Kasaï

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Les autorités congolaises sont accusées par l’ONU de soutenir les violences perpétrées dans la région du Kasaï.

D’après l’Eglise catholique congolaise, ces violences auraient fait plus de 3000 morts depuis août dernier.

Tout a commencé avec la mort d’un chef coutumier que le pouvoir central accusait de rébellion. Cette mort a déclenché un mouvement d’insurrection appelé “Kamuina Nsapu“.

Les militaires, appuyés par des milices, ont choisi la manière forte pour contrer cette rebellion.

Le Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a dénoncé ces violences parlant d’exécutions sommaires, de mutilations d’enfants et de viols.
Il s’est exprimé ce mardi lors d’une conférence à Genève.
Je suis consterné par la création et l’armement d’une milice, Bana Mura, qui soutiendrait les autorités dans la lutte“ contre la rébellion Kamuina Nsapu. Cette milice “a mené des attaques horribles contre des civils des groupes ethniques luba et lulua“.
Mon équipe a vu des enfants aussi jeunes que deux ans dont les membres avaient été amputés. De nombreux bébés avaient des blessures de machette et de graves brûlures (…) Au moins deux femmes enceintes ont été éventrées et leurs foetus mutilés“, a-t-il expliqué.
De graves violations des droits de l’homme par des membres des forces de sécurité – dont des exécutions sommaires et des viols – ont été rapportées lors de plusieurs opérations contre des villages soi-disant contrôlés par Kamwina Nsapu“, a ajouté M. Zeid.

Il a également affirmé que 42 fosses communes avaient été découvertes par les enquêteurs onusiens. Mais, a-t-il précisé, des témoins ont indiqué avoir été forcés de creuser des fosses communes supplémentaires.


La version du gouvernement

Les autorités congolaises donnent une autre version, accusant les rebelles Kamuina Nsapu d‘être les auteurs des violences meurtrières.
Ces rebelles sont des “terroristes“, a ainsi expliqué Marie-Ange Mushobekwa la ministre congolaise des droits humains.


En tout cas, ces affrontements ont provoqué depuis 8 mois, d’importants mouvements de population : des centaines de milliers de civils ont fui. Certains ont trouvé refuge dans le pays voisin, l’Angola.

Pour aller plus loin

>> “RDC : violences au Kasaï”, l’enquête de RFI, à lire ici