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Consensus à marche forcée pour les conservateurs britanniques

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Consensus à marche forcée pour les conservateurs britanniques

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C’est un consensus à marche forcée pour lequel viennent d’opter les conservateurs britanniques . La reine Elizabeth II a prononcé ce mercredi le discours d’ouverture du Parlement devant la chambre des Lords, avec deux jours de retard, alors que son mari le prince Philip était hospitalisé depuis la veille “par précaution” pour une infection, a fait savoir Buckingham. Cette allocution a été écrite par le gouvernement de Theresa May, affaibli par les législatives anticipées voulues par la Première ministre. Mais ce scrutin, qui est passé à côté de son objectif de renforcer son camp, a eu pour effet de priver les Tories de majorité absolue à la chambre basse. La reine a donc lu les grandes lignes d’un programme plus édulcoré que prévu, qui a voulu rassurer autant sur le Brexit, dont les négociations ont débuté ce lundi à Bruxelles, que sur les questions de sécurité.
“La priorité de mon gouvernement est d’assurer le meilleur accord possible de sortie de l’Union Européenne”, a relayé la souveraine britannique au nom de Theresa May. “Mes ministres s’engagent à travailler avec le Parlement, avec les administrations, et les acteurs économiques, entre autres, pour établir le consensus le plus large possible sur l’avenir du pays, en dehors de l’Union Européenne”.


Ce discours tranche avec la ligne dure sur le brexit, prônée jusque-là par Theresa May, qui a voulu capitaliser sur les résultats du référendum de l’an dernier. Cependant, lors des législatives, les électeurs se sont davantage prononcés sur les questions intérieures, comme la réforme des aides sociales ou encore l’accès au système de santé, le NHS, des thèmes défendus par le parti travailliste sous l’impulsion de Jeremy Corbyn, qui a remis sur le devant de la scène l’aile gauche du Labour.

Désormais, les conservateurs ont assoupli leurs positions, et abandonné une large partie des réformes sociales envisagées, alors que Theresa May a résisté aux appels à la démission qui se sont multipliés ces dernières semaines. En dévoilant le programme législatif des deux années à venir, la reine Elizabeth a précisé que des investissements dans les infrastructures seraient envisagés, tout en maintenant un niveau de fiscalité qui ne soit pas pénalisant pour la population britannique.


Le gouvernement entend aussi faire preuve de fermeté sur la question terroriste. “A la lumière des attaques terroristes de Manchester et de Londres, la stratégie en matière de contre-terrorisme du gouvernement sera revue pour s’assurer que la police et les services de sécurité disposent de tous les pouvoirs nécessaires, et que les sanctions pénales prononcées pour terrorisme soient suffisantes pour garantir la sécurité de la population”, a-t-elle poursuivi.
Des débats parlementaires se tiendront à la suite de ce discours, et la chambre des Lords procèdera à un vote de confiance le 29 juin prochain. Un vote à l’issue incertaine pour la Première ministre Theresa May, puisque seule une alliance avec le parti conservateur nord-irlandais, le DUP, qui compte seulement une dizaine de députés, pourrait assurer une majorité absolue à son gouvernement. Mais la signature de cet accord, en raison d’achoppements dans les discussions, a été une nouvelle fois retardée.