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Centrafrique : donner une chance aux rebelles ?

La Minusca donne le bénéfice du doute aux groupes rebelles qui ont signé un accord de cessez-le-feu lundi.

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Centrafrique : donner une chance aux rebelles ?

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Ville centrafricaine stratégique en raison de ses ressources minières, Bria est toujours sous tension. Après des affrontements sporadiques qui ont fait plus d’une centaine de morts en 48h, la force armée de la Mission des Nations unies, présente ici de façon permanente, maintient le statut quo. Mais la population a peur et en a assez. Lundi 19 juin, treize groupes rebelles avaient signé un accord prévoyant un cessez-le-feu immédiat.
Le chef de la Minusca, Parfait Onanga-Anyanga, veut donner du temps aux signataires de l’accord :

Il faut aujourd’hui leur donner le bénéfice du doute et espérer qu’il y a vraiment une nouvelle donne, une volonté d’aller réellement vers la paix parce que je crois, et c’est ma conviction intime, que, non seulement le people centrafricain est fatigué, mais je crois que les groupes armés se sont rendus compte aujourd’hui que la violence ne leur permettra pas de réaliser leurs objectifs.

L’accord de cessez-le-feu a été signé à Rome sous le parrainage de la communauté catholique Sant’Egidio dans un contexte sécuritaire compliqué, avec le retour des violences depuis novembre, qui ont entraîné plusieurs centaines de morts dans le centre du pays en mai, non seulement à Bria, mais aussi à Bangassou, et Alindao dans des régions aux richesses minières très convoitées.

En 2013 et 2014, la dernière guerre centrafricaine s’est caractérisée par de nombreuses exactions contre les civils, musulmans ou chrétiens. Une cour pénale spéciale s’est installée fin mai à Bangui, elle doit instruire et juger ces crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Le regain de violence actuel ne serait pas étranger à son installation, selon la Fédération internationale des droits de l’homme.