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Venezuela : les manifestants dénoncent la répression, l'OEA appelle à des élections libres


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Venezuela : les manifestants dénoncent la répression, l'OEA appelle à des élections libres

Des milliers de personnes ont défilé au Venezuela pour dénoncer la “brutale répression” des manifestations contre le président Nicolas Maduro qui a affirmé que des opposants seront “sévèrement” jugés pour avoir ourdi un coup d’Etat. Samedi, lors d’un d’un discours devant l’armée dans l’Etat de Carabobo (centre-nord), Maduro a affirmé que des personnes actuellement “détenues” comparaîtront devant un tribunal militaire pour avoir préparé un coup d’Etat et encouragé une intervention militaire américaine. Il n’a cependant pas précisé le nombre de personnes interpellées ni s’il s’agit de civils ou de militaires.
Pendant ce temps, dans la capitale et d’autres villes du pays, les manifestants se sont rassemblés devant des installations de l’armée après le décès de deux jeunes victimes de tirs militaires cette semaine à Caracas, qui porte, selon le parquet, à 75 le nombre de morts recensés en 85 jours de manifestations contre M. Maduro, très impopulaire dans un contexte de grave crise économique.

Le ton est également monté entre le Venezuela et l’Organisation des Etats américains (OEA). Luis Almagro, son secrétaire général, répondant sèchement à M. Maduro qui lui avait demandé de démissionner en échange du retour de son pays au sein de l’institution. “J’ai reçu une proposition de négociation : ma démission en échange du retour du Venezuela dans l’OEA (que le pays a décidé de quitter en avril)”, a expliqué M. Almagro dans une vidéo, avant de rétorquer : “je cède ma place en échange de la liberté au Venezuela”. Je partirai “quand il y aura des élections libres et transparentes, avec des observateurs internationaux et sans candidatures rejetées, quand tous les prisonniers politiques seront libérés”, a-t-il ajouté.


Dans une vidéo relayée vendredi sur les réseaux sociaux, l’opposant vénézuélien Leopoldo Lopez clame à grands cris subir des tortures dans la prison militaire où il purge une peine de treize ans et neuf mois pour “incitation à la violence” lors de manifestations contre M. Maduro. Celles-ci s‘étaient soldées par 43 morts de février à mai 2014. “Lilian, ils me torturent! Dénoncez cela!”, entend-on de loin sur des images de la prison Ramo Verde, dans les environs de Caracas. L’homme politique s’adresse à sa femme Lilian Tintori. “Aucun de ses avocats n’a pu voir Leopoldo depuis le 6 avril”, a-t-elle de son côté déclaré à la presse.

Il y a deux semaines, l’opposant avait appelé les militaires à se “rebeller”, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux. La coalition d’opposition MUD (Bureau pour l’Unité démocratique) a demandé à son tour samedi sur Twitter aux militaires de “baisser les armes”. David Vallenilla, un manifestant de 23 ans, est mort jeudi après avoir été atteint de trois balles au thorax. Des balles tirées par un sergent de la police de l’air devant la base de La Carlota, selon des photos et des vidéos diffusées par des médias locaux. Des heurts avaient éclaté quand le défilé avait été freiné par des gaz lacrymogènes. Des manifestants masqués avaient lancé des pierres et des cocktail molotov. Un autre manifestant, Fabian Urbina, 17 ans, touché par une balle après que la Garde nationale avait ouvert le feu dans un autre rassemblement, est décédé lundi. Quatre militaires sont mis en cause par la justice pour ces deux cas, ont informé les autorités.

Avec AFP