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Pour comprendre pourquoi la Commission européenne a infligé ce mardi une amende record de 2,42 milliards d’euros à Google, suivons l’exemple concret d’un internaute qui consulte le premier moteur de recherche mondial car il souhaite acheter un barbecue.

Jusqu’ici rien de plus classique.

Tout en haut de la première page de résultats, notre homme est invité à se rendre sur Google Shopping, le comparateur de prix de Google, qui s’appelait au départ Froogle, puis Google Product Search.

Alors que notre homme se renseigne cette fois sur le prix des montres, là aussi Google Shopping arrive en première position des résultats. S’il tape simplement le mot “shopping” (“achats”) sur le moteur de recherche, c’est encore le lien Google Shopping qui est privilégié.

Si l’exposition du service de Google est systématiquement accentuée, c’est que certains fournisseurs paient Google pour faire remonter leurs produits sur son service. C’est d’ailleurs signalé par un petit encadré.

L’amende a été calculée sur la base de la valeur des recettes que Google réalise grâce à son service de comparaison de prix dans 13 pays européens“, a précisé la Commission européenne.

Car au terme d’une enquête longue de sept ans, la commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager a estimé que Google n’avait pas le droit de favoriser son propre comparateur de prix. Selon elle, le groupe le fait aux dépens de ses concurrents comme Kelkoo et Foundem, relégués loin dans les résultats de recherche.

En outre, Bruxelles considère que le groupe américain entrave le libre choix de service des consommateurs.

Google, qui a exprimé son “désaccord respectueux”, envisage de contester cette décision en justice. Le groupe dispose désormais de 90 jours pour arrêter ces pratiques discriminatoires, sous peine d’astreinte.

Plus qu’une amende, Google craint que ses autres services soient prochainement visés, tels que Google Image, Google Flight ou Google Translate.