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L'avenir de l'EPR français en question


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L'avenir de l'EPR français en question

Quel sera le destin de l’EPR de Flamanville, le fameux réacteur pressurisé européen sensé être plus sûr que l’ancienne génération de réacteur ? Après moult problèmes techniques, anomalie, retard de chantier, le couvercle de la cuve concentre désormais les doutes. Un groupe d’experts doit rendre son avis sur la conformité de cette cuve ce mardi et dire si elle est assez résistante malgré ses défauts de fabrication. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) devra ensuite rendre une première décision sur la mise en service de l’EPR dans la semaine. La décision finale est attendue à l’automne après une consultation publique.

Le rapport déjà établi pat l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire affirme que l’utilisation du couvercle actuel ne peut être envisagé après quelques années de fonctionnement. Or depuis deux ans, EDF et Areva, assuraient que l’aptitude de la cuve, installée à Flamanville depuis 2013, serait pleinement démontrée. Une procédure de changement du couvercle ne serait pas inédite, mais, de la commande d’un nouveau couvercle, à son installation, en passant par sa fabrication, il faudra plusieurs années.

Le projet de l’EPR de Flamanville accuse déjà six ans de retard et son coût a été multiplié par trois pour atteindre plus de 10 milliards d’euros.

Pour EDF, un remplacement du couvercle serait un moindre mal car, si l’ASN ne l’imposait pas avant le démarrage de l’EPR, cela n’empêcherait pas l‘électricien de démarrer le réacteur fin 2018, avant une mise en service commerciale courant 2019.

Pour Areva, l’enjeu n’est pas moindre, puisque la Commission européenne a subordonné à un avis positif de l’ASN son feu vert à la recapitalisation du groupe, en grande difficulté, prévue au troisième trimestre de cette année.

Mais un tel compromis fait hurler les associations anti-nucléaires. Dans une pétition signée par près de 35 000 personnes, le réseau Sortir du nucléaire demande à l’ASN de ne pas homologuer la cuve.

“Areva n’a pas forgé cette cuve selon les règles de l’art, il serait grotesque et scandaleux qu’on essaie de démontrer que ça passe quand même”, a expliqué à l’AFP Charlotte Mijeon, porte-parle du Réseau sortir du nucléaire. “ Ce serait scandaleux de faire primer les avantages à court terme des industriels sur les principes de sûreté de base et donc sur la sécurité de la population”, a-t-elle encore précisé.

D’autres réacteurs de type EPR sont en cours de construction : un en Finlande à Olkiluoto, et deux autres en Chine à Taishan. Prévue pour durer 4 ans et demi, la construction de ces réacteurs se révèle très problématique puisque les chantiers de Finlande et de Flamanville sont encore loin d‘être achevés, tandis que leur coût a plus que triplé, augmentant de 3 à 10,5 milliards d’euros chacun.

Un projet de construction de quatre réacteurs EPR est aussi envisagé à Hinkley Point en Angleterre, la livraison est prévue pour 2023 au plus tôt.