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La brouille germano-turque s'amplifie

Le président turc ne pourra pas organiser de rencontre avec les Turcs d'Allemagne en marge du G20. Ankara proteste.

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La brouille germano-turque s'amplifie

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L’Allemagne refuse de servir de tribune politique au président turc. Le chef de la diplomatie allemande a rejeté une demande de Recep Tayyip Erdogan qui voulait s’adresser à ses compatriotes vivant dans ce pays, en marge du sommet du G20 la semaine prochaine. Sigmar Gabriel s’en est expliqué.

“Notre pays est un pays ouvert, mais nous n’avons pas l’intention d’importer des conflits politiques internes à d’autres pays au sein de notre population, a-t-il dit. Pour nous, les Turcs qui sont ici font partie de notre société. Qu’ils aient ou non la nationalité allemande, ceux qui vivent ici sont des citoyens de notre pays.”

L’Allemagne explique aussi ne pas pouvoir assurer la sécurité d’un tel meeting alors que ses forces de sécurité seront massivement mobilisées pour le G20.

Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères a mal accueilli la nouvelle. Dans un communiqué, Huseyin Muftuoglu a jugé “regrettable que des responsables politiques allemands fassent des commentaires inacceptables motivés, semble-t-il, par des calculs politiciens”. Une allusion aux propos du social-démocrate Martin Schulz, qui a récemment qualifié Erdogan d’autocrate.

Voilà qui n’améliorera pas les relations entre les deux pays, déjà tendues depuis des mois. Et le refus de Berlin de voir certains gardes du corps accompagner Recep Tayyip Erdogan en Allemagne n’arrangera rien à l’affaire.
12 membres de la garde présidentielle sont en effet accusés par les Etats-Unis d’avoir agressé des manifestants kurdes lors de la visite d’Erdogan à Washington en mai dernier. Washington a émis des mandats d’arrêts à leur encontre, ce qui explique la réserve des Allemands.