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Le Kenya est officiellement le premier pays africain à accueillir la version générique du médicament le plus avancé au monde contre le VIH, le Dolutegravir. Un générique qui peut améliorer et prolonger la vie de dizaines de milliers de personnes qui subissent de graves effets secondaires ou une résistance aux traitements.

Cette jeune femme, Doughtiest Ogutu, vit depuis 15 ans avec le VIH, elle expérimente le Dolutegravir depuis un an, à la place de l’Efavirenz. Résultat, sa charge virale a été divisée par 10 et plus de cauchemars ou d’anémie :

Avec l‘éfavirenz, j’ai développé une anémie sévère, cela me fatiguait et me vidait, les cellules de mon corps ne suivaient pas. J‘étais loin d‘être comme vous pouvez me voir, je n’avais pas cette chair pleine de vie qui fait que vous ne pouvez pas vous douter que je suis malade, à moins que je vous le dise.

Dans un premier temps, le Dolutegravir est administré gratuitement à 27 000 patients kényans. Puis des programmes similaires seront lancés d’ici à la fin de l’année au Nigeria et en Ouganda. 25 millions de personnes souffrent du sida en Afrique.

Mais l’une des difficultés majeures tient au rejet dont sont encore souvent l’objet les malades du sida. Beaucoup s’efforcent de cacher leur maladie et certains finissent parfois par ne plus suivre correctement leur traitement.
Environ 400 000 porteurs du VIH ne sont pas encore détectés au Kenya selon le ministère de la Santé.

Le Dolutegravir (DTG) est disponible sur le marché depuis quelques années, et déjà largement utilisé dans les pays occidentaux. Mais son prix restait souvent trop élevé pour être acheté dans le cadre de programmes à grande échelle de lutte contre le sida menés dans des pays africains. Une boîte de 30 pilules de DTG, assez pour un mois de traitement, coûtait jusqu‘à présent entre environ 22 et 44 euros. La version générique coûte elle 3,5 euros, selon Robert Matiru, directeur des opérations UNITAID au Kenya.