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Il y a tout juste un an, Rodrigo Duterte était investi à la présidence des Philippines. L’avocat de 71 ans succède alors à Benigno Aquino. Deux hommes pour deux styles radicalement différents.

Personnage sulfureux, au discours souvent brutal, cet ex-maire d’une grande ville du Sud arrive au pouvoir avec un objectif : éradiquer la criminalité et la drogue qui gangrènent le pays.

Peu importe la méthode, Duterte n’hésite pas à inciter au meurtre des délinquants. En un an, sa guerre anti-drogue aurait fait plus de 9.000 morts. L’opposition et les ONG dénoncent une multiplication des “crimes de l’ombre”, sans procés.

Populaire dans son pays, Duterte suscite l’indignation en comparant son combat contre les criminels à l’extermination des juifs par Hitler. Il se justifie : “J’aimerais que mes victimes soient toutes des criminels pour résoudre le problème de mon pays et sauver la génération future.”

Ses méthodes sont aussi condamnées par la communauté internationale, l’ONU, mais aussi l’Union européenne, à qui il adresse un doigt d’honneur lors d’un discours.

Il s’en prend aussi violemment au président américain Barack Obama : “ Il faut être respectueux. Il ne faut pas se contenter de balancer des questions et des communiqués. Fils de pute, je vais te porter malheur”. Puis il récidive : _“Allez en enfer Monsieur Obama”.

Duterte tourne le dos à l’allié américain pour se rapprocher de la Chine et de la Russie. Poignée de main avec Xi Jinping puis avec Vladimir Poutine à Moscou, qu’il décrit comme l’un de ses “héros favoris”. Le président philippin est venu à Moscou aussi pour obtenir des armes.

Il en a besoin cette fois pour combattre les djihadistes dans le sud des Philippines, où l’Etat islamique a ouvert un nouveau front dans l’objectif de créer un califat. L’armée pilonne la ville de Marawi pour déloger les combattants de Daesh, venus de Tchétchénie, d’Indonésie ou de Malaisie. Ces affrontements ont fait près de 400 morts. La plupart des habitants ont fui et une partie de la ville est détruite.