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Festival Sónar de Barcelone : musique électronique et art audiovisuel

Le Festival Sónar de Barcelone a donné cette année, la part belle à l'art audiovisuel.

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Festival Sónar de Barcelone : musique électronique et art audiovisuel

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Pendant trois jours en juin, Barcelone devient la capitale mondiale des musiques électroniques lors du Festival Sónar. L‘édition 2017 a réservé une programmation hétéroclite et très arty à l’image des installations audiovisuelles de Björk notamment.

À Barcelone, le Festival Sónar dédié à la musique électronique a exploré en ce mois de juin 2017, la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle, lors de son congrès Sónar+D, mais aussi grâce aux travaux remarqués de Björk, Brian Eno ou du Japonais Daito Manabe. Temps forts de cette édition 2017 qui a réuni 140 artistes et attiré 123.000 spectateurs du monde entier.

“Il y a ces nouveaux créateurs comme Daito Manabe, mais aussi Björk qui sont en train d’estomper et même de briser les frontières entre les disciplines, d’où ce besoin de nouveaux formats, de vecteurs plus flexibles et hybrides, précise José Luis de Vicente soundbyte, conservateur du congrès Sónar+D. De ce point de vue, le fait qu’une icône comme Björk qui au cours du festival, a proposé un voyage à travers son univers musical et présenté son projet Björk digital- où elle rassemble tous les travaux audiovisuels qu’elle a réalisés au cours de sa carrière, je crois que c’est le signe d’une tendance de fonds, estime-t-il avant de préciser : Je pense que les festivals devraient en permanence être des espaces plus flexibles pour donner à voir tout type d’expériences.”

Brian Eno : “Un projet fini et infini”

Musicien et producteur légendaire, Brian Eno présente lui ses installations audiovisuelles au sein de l’espace d’exposition Santa Mònica. “Ce qu’on a fait, c’est qu’on a pris la musique pour la séparer réellement sur deux niveaux : il y a le niveau du sol et le niveau de l’air, de l’espace, décrit l’artiste. Donc, on a placé tous les sons les plus aigus dans l’air et ils remplissent la pièce, il y a douze canaux pour ces sons et c’est l’un d’entre eux que vous entendez en ce moment : ces petites gouttes d’eau qui tombent,” dit-il.

“Mon projet ‘Reflection’, poursuit-il, prend deux formes celle d’un album que vous pouvez obtenir en CD, vinyl ou téléchargement et bien sûr, c’est quelque chose qui est terminé. Mais j’ai aussi publié une application à partir de ce projet et c’est sa version infinie : l’application crée la musique pendant que vous l‘écoutez et bien sûr, le morceau est sans cesse différent, il est infini,” insiste-t-il.

Mark Brain : “Je ne contrôle rien”

Dans le pavillon dessiné par Mies Van der Rohe, architecte du Bauhaus, l’Américain Mark Brain a conçu une performance sonore baptisée “Waves shift” à partir des bruits enregistrés par des capteurs installés au sous-sol de ce bâtiment qui réagissent aux pas des visiteurs.

“Le but, fait remarquer Mark Brain, c‘était d‘élaborer une composition qui s’auto-génère. Donc l’architecture, le système sonore et l‘électronique que j’utilise sont des éléments du dispositif : tout cela rend possible cette création des sons et j’aime cette idée que c’est très chaotique et qu’en quelque sorte, je ne contrôle rien,” conclut-il.

Autre oeuvre qui mêle audiovisuel et musique électronique : une tente à 360° accueille Quadrivium. Une invitation à se plonger dans un univers futuriste et hypnotique.

Diversité

Le festival se veut le reflet de toute la diversité des acteurs de la musique électronique quels que soient leur sexe et leur origine. Les femmes étaient plus nombreuses lors de cette édition. A noter la prestation de la chanteuse américaine de R&B Dawn. Le Sónar a offert pour la première fois, une scène dédiée aux artistes “trap” espagnols comme Yung Beef qui mélangent hip hop, reggaeton, flamenco et d’autres sonorités ibériques.