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Présidentielle en Mongolie : un ex-lutteur en tête

Un ex-lutteur devenu homme d'affaires était en tête samedi de la présidentielle en Mongolie après le dépouillement de la plupart des bulletins de vote dans cette élection qui s'est déroulée sur fond de scandales impliquant les deux candidats.

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Présidentielle en Mongolie : un ex-lutteur en tête

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Un ex-lutteur devenu homme d’affaires était en tête samedi de la présidentielle en Mongolie après le dépouillement de la plupart des bulletins de vote dans cette élection qui s’est déroulée sur fond de scandales impliquant les deux candidats.

Arrivé en tête du premier tour fin juin, le magnat de l’immobilier Khaltmaa Battulga, du Parti démocrate (PD), actuellement dans l’opposition, a obtenu vendredi au deuxième tour 50,7% des suffrages (un chiffre portant sur 87% des bulletins), a annoncé la commission électorale.

La Mongolie a gagné“, s’est exclamé cet ex-lutteur pendant une conférence de presse, avant même l’annonce officielle des résultats définitifs attendue dans la journée de samedi. “Je me mettrai tout de suite au travail en vue de régler les difficultés économiques et libérer les Mongols de la dette, comme je l’ai promis“, a-t-il ajouté.

Son adversaire, le président du Parlement Mieygombo Enkhbold, ex-Premier ministre et ancien maire de la capitale Oulan-Bator, dont le Parti du peuple mongol (PPM) est majoritaire parmi les députés, est quant à lui pour l’instant crédité de 41% des voix par la commission électorale, tandis que 8,3% des électeurs ont voté blanc.

Or si aucun des candidats en lice n’obtient plus de la moitié des suffrages, une nouvelle élection avec de nouveaux candidats désignés par les partis politiques doit être organisée.

Coincée entre la Russie dont elle était un satellite à l‘époque de l’Union soviétique et la Chine qui absorbe 80% de ses exportations, la Mongolie est un pays riche en ressources minières dont un gros tiers des trois millions d’habitants sont des éleveurs nomades.

Au bureau de vote situé à l’Ecole secondaire N°1 d’Oulan-Bator, une ex-enseignante retraitée de 70 ans, a déclaré vendredi à l’AFP avoir voté pour Khaltmaa Battulga. “Je souhaite que le prochain président promeuve l’image de notre pays au niveau mondial“, explique Gongoriin Altantsetseg.

Les deux candidats présents au deuxième tour ont cependant été éclaboussés par des scandales.

Khaltmaa Battulga, 54 ans, a ainsi été soupçonné de détenir des comptes à l‘étranger. Et Mieygombo Enkhbold, qui se présentait comme un humble éleveur de chevaux, a été accusé d’avoir monnayé des emplois publics contre l‘équivalent de 20 millions d’euros.

Conséquence, de nombreux électeurs lassés de leurs hommes politiques ont pris l’initiative d’une campagne en faveur du vote blanc.

Dans un entretien avec l’AFP, Julian Dierkes, un spécialiste de la Mongolie à l’Université de la Colombie-Britannique au Canada, souligne à cet égard que, son candidat semblant en perte de vitesse, le Parti du peuple mongol (PPM) a annoncé mardi que les parents recevraient une allocation mensuelle de 20.000 tugrik (sept euros) par enfant.

Cette initiative du camp de Mieygombo Enkhbold semble “révélatrice d’un certain désespoir“, estime-t-il.

En face, la formation de Khaltmaa Battulga n’est pas en reste. Des membres du Parti démocrate ont en effet promis lundi que si leur candidat était élu, il sommerait le gouvernement de rembourser les prêts des étudiants et les dettes des éleveurs.

A l’Ecole secondaire N°1, les électeurs étaient partagés sur ces promesses. Pour Naranbaatariin Ariungerel, une étudiante de 20 ans qui a voté pour Mieygombo Enkhbold, “c’est comme ça que les hommes politiques mongols rivalisent“. “C’est très bien que les familles obtiennent des allocations pour leurs enfants.

Mais Boriin Batbold, interprète dans une compagnie minière de 46 ans, est d’un autre avis. “Les promesses populistes, c’est malsain“, juge-t-il. “Elles ne peuvent être efficaces que sur le court terme.

Avec agence (AFP)