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Procès sous tension de Nasser Zefzafi, chef du soulèvement du Rif


Maroc

Procès sous tension de Nasser Zefzafi, chef du soulèvement du Rif

C’est un procès si controversé que son issue pourrait entraîner l’aggravation ou au contraire l’apaisement du climat social au Maroc. Nasser Zefzafi, l’un des chefs emblématiques de la contestation dans la région du Rif, au nord du pays, a commencé à comparaître ce lundi devant la Cour d’appel de Casablanca. Les autorités pensent avoir éteint le soulèvement, qui durait depuis un peu plus de huit mois, en augmentant la répression mais le feu couve toujours.


Nasser Zefzafi a 39 ans, il est au chômage et risque gros puisqu’il est notamment accusé “d’atteinte à la sécurité intérieure”. Il fait partie des premiers qui ont mené le “hirak”, autrement dit le mouvement, dans sa région natale du Rif, indigné comme beaucoup d’habitants par la mort horrible d’un marchand de poissons en octobre 2016; ce dernier avait voulu sauver sa marchandise jetée dans une benne à ordures et il avait péri happé par le broyeur.

176 autres "meneurs" en prison

Le drame a eu lieu dans la petite ville d’Al-Hoceïma, où des manifestations spontanées de la population ont aussitôt débuté. Les rangs des protestataires ont grossi peu à peu, jusqu‘à atteindre des milliers de personnes, et la révolte s’est étendue à la localité voisine d’Imzouren. Elle n’a pas cessé pendant des mois.

L’un des très nombreux soutiens à Nasser Zefzafi sur Twitter :


Le principal accusé arranguait la foule des manifestants mais il est allé plus loin en interrompant le prêche d’un imam, à Al-Hoceïma, pour dénoncer la corruption du pouvoir marocain. C’est ce qui lui a valu d‘être arrêté et emprisonné fin mai. Ce n‘était qu’un début, 176 “meneurs” ont depuis été placés en détention préventive. 120 commencent à être jugés et risquent jusqu‘à plus d’un an et demi de prison.

Inquiétude pour la santé de Sylia Ziani

Une photographie de Sylia Ziani :


L’une des autres figures du “hirak” est une femme, Sylia Ziani, et ses amis, les autres responsables de la contestation, des militants, des organisations de défense des droits de l’Homme s’inquiètent vraiment pour elle. Selon ses avocats, son état de santé se détériore, elle souffrirait d’une grave dépression. Samedi dernier dans la soirée, un groupe de femmes s’est rassemblé pour la soutenir dans la capitale, Rabat. La manifestation a été violemment dispersée par la police.


C’est la libération de tous les détenus qui est maintenant devenue le mot d’ordre du mouvement de contestation du Rif. Et si les manifestations sont désormais marginales sur le terrain, elles prennent d’autres formes sur les réseaux sociaux. Par exemple, des étudiants postent des vidéos qu’ils filment eux-mêmes en organisant des marches sur les plages.