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Des vidéos accusent de meurtres les forces irakiennes à Mossoul

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Des vidéos accusent de meurtres les forces irakiennes à Mossoul

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Des vidéos censées avoir été filmées dans le secteur de Mossoul semblent montrer l’exécution par les forces de sécurité irakiennes d’un prisonnier et le tabassage brutal d’autres détenus, a indiqué jeudi Human Rights Watch.
Les autorités irakiennes ont annoncé lundi leur victoire contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) après une bataille de près de neuf mois qui a ravagé des pans entiers de la deuxième ville d’Irak, dont la vieille ville, et entraîné une crise humanitaire majeure.
Ces vidéos “semblent montrer des soldats irakiens et des policiers fédéraux battre et exécuter des détenus”, a indiqué l’ONG de défense des droits de l’Homme dans un communiqué qui comprend des liens vers les vidéos.
Dans l’une d’elles, des hommes vêtus d’uniforme de l’armée irakienne battent un détenu barbu, le traîne au bord d’un escarpement, le jette dans le vide et lui tire dessus ainsi que sur un corps déjà présent en contrebas.
HRW dit avoir localisé le lieu de tournage de la vidéo avec des images satellites mais pas celui des trois autres.
Ces vidéos montrent des hommes en uniformes de l’armée et de la police fédérale tabasser des détenus.
“Dans les dernières semaines de la bataille pour Mossoul, j‘étais aux premières loges pour constater que l’armée voulait terminer les opérations au plus vite”, a dit Belkis Wille, membre de HRW.
Cela s’accompagnait par “ce qui semble être une baisse de leur respect pour les lois de la guerre”, a-t-elle ajouté, appelant le Premier ministre irakien Haider al-Abadi à enquêter sur ces abus présumés.
En mai, l’hebdomadaire allemand Der Spiegel avait publié un reportage dans lequel un photographe irakien affirmait, photos à l’appui, que des membres de la Force d’intervention rapide (FIR), qui dépendent du ministère irakien de l’Intérieur, avaient “torturé, violé et tué des gens” lors de la bataille de Mossoul sur la base de “vagues soupçons” concernant leurs liens avec l’EI.
Après la publication de l’article, ce ministère avait affirmé avoir ouvert une enquête.
L’EI s‘était emparé de Mossoul en juin 2014 en profitant notamment de l’impopularité des institutions fédérales et des forces de sécurité, dominées par les chiites, au sein de la communauté sunnite, largement majoritaire dans la deuxième ville d’Irak.

Avec AFP