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"Il y a eu torture" au G8 à Gênes : aveux du chef de la police


Italie

"Il y a eu torture" au G8 à Gênes : aveux du chef de la police

“Ici, je le déclare clairement, il y a eu de la torture. De la torture”, c‘était lors du sommet du G8 qui s’est tenu à Gênes en 2001 : ce n’est pas n’importe quel membre de la police nationale italienne qui l’affirme mais son chef en personne, Franco Gabrielli, nommé il y a un peu plus d’un an. Il fait cette déclaration choc dans le journal La Repubblica, évoquant des actes de violence extrême à l’encontre de plusieurs dizaines de manifestants.

L’information fait beaucoup de bruit en Italie, et devrait en faire autant ailleurs même si les médias européens en parlent très peu pour le moment. Pourquoi ? Parce que les faits enfin reconnus officiellement 16 ans après sont encore plus graves que ceux dénoncés plusieurs fois par la Cour européenne des droits de l’Homme. Et ce qui est tout nouveau dans le pays, c’est que le délit de torture existe désormais dans la législation italienne, depuis un vote du parlement début juillet.


La caserne Bolzaneto transformée en centre de torture

La réunion des dirigeants des 7 pays les plus industrialisés du monde et de la Russie dans le port de Gênes en 2001 reste dans les annales comme la plus “catastrophique”, le mot employé par le patron de la police italienne. Dès le premier jour de sa tenue, le 20 juillet, de violentes émeutes avaient éclaté dans les rues entraînant un premier drame. Un jeune manifestant italien, Carlo Giuliani, avait été tué par les forces de police (photo illustrant l’article).

Puis le 22, la police anti-émeute allait de nouveau se déchaîner en prenant d’assaut l‘école Diaz où dormaient environ 300 altermondialistes. Nombre d’entre eux, de jeunes garçons et filles, avaient ensuite été emmenés dans la caserne Bolzaneto où ils avaient donc subi des tortures, comme c’est maintenant confirmé, toutes sortes de sévices et d’humiliations.


Aucune action en 16 ans pour apaiser le ressentiment

“Beaucoup de gens innocents ont subi des violences physiques et psychologiques qui ont marqué leur vie, déclare Franco Gabrielli à La Repubblica. Si tout cela, aujourd’hui, reste source de souffrance et de ressentiment, alors cela veut dire qu’au cours des seize dernières années, notre réflexion n’a pas été suffisante”.

Le nouveau chef de la police nationale italienne assure que sa corporation a été “assainie” depuis mais rappelle que la hiérarchie de l‘époque n’a pas eu à rendre les comptes qu’elle aurait dû payer au prix fort.

L’interview publiée dans La Repubblica