DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Documenta 14 de Cassel : le Parthénon des livres bannis à 360°

Après un premier acte d’avril à mi-juillet à Athènes, la Documenta 14, quatorzième édition de ce rendez-vous quinquennal de l’art contemporain international, bat son plein jusqu’au 17 septembre, à Cassel, son fief de la Hesse allemande. Ce festival réunit les oeuvres de 160 artistes du monde entier sur plus de trente sites.
Parmi eux, l’Argentine Marta Minujín qui expose une installation monumentale impressionnante “Le Parthénon des Livres”. Visitez-la dans notre vidéo 360°.

Sur la place Frédéric de Cassel, la construction d’une réplique grandeur nature du Parthénon d’Athènes est en cours. Sur des colonnes faites de tubes en acier reproduisant les piliers du temple grec, on installe dans des poches en plastique, des livres dont on peut distinguer la couverture.

Les noms de leurs auteurs nous sautent au visage : Sigmund Freud, Arnold Zweig, Salman Rushdie, Honoré de Balzac, Kafka, Mariane Satrapi, Diderot, Sade et Walt Disney pour n’en citer que quelques-uns. Leur point commun : ils ont été un jour censurés dans un pays ou un autre. Les nazis, les autorités de la RDA ou des Etats-Unis les ont trouvés trop critiques, trop capitalistes ou encore trop érotiques.

Cette structure inachevée de 70 m de long, 30 m de large et 20 m de haut est d’ailleurs, installée précisèment là où les nazis avaient brûlé plus de 2000 livres jugés contraires à “l’esprit allemand” le 19 mai 1933.

Symbole de démocratie

Ce “Parthénon”, symbole de la démocratie, s’impose comme le projet-phare de Documenta 14. Il est le fruit de l’imagination de Marta Minujín. Cette grande artiste argentine âgée de 73 ans qui fut une amie d’Andy Warhol a lancé un appel aux dons pour collecter des livres qui pourraient compléter son oeuvre. Il ne lui manque que 10 ou 20000 ouvrages sur l’objectif de 100.000 qu’elle s’est fixé. Chacun peut donner et ainsi, tous les matins, des étudiants de Kassel viennent placer de nouveaux ouvrages sur la structure. À la fin de l’exposition, ils seront redistribués gratuitement.

Si cet oeuvre invite au partage, elle incite aussi à la discussion à l’image de l’agora grecque : élèves de primaire, personnes âgées et visiteurs de tous âges échangent sur les livres, animés par une question lancinante : qui pouvait avoir quelque chose à reprocher aux bandes dessinées de “Mickey Mouse”, à “1984”, à “L’Attrape-Coeur”, au “Petit Prince” ou à la série “Twilight” ? Et pourquoi ?

Dans la peau d’un réfugié

La Documenta 14 réserve d’autres surprises comme l’oeuvre étonnante d’Hiwa K. Cet artiste irakien de 42 ans qui vit à Berlin depuis quelques années a disposé une construction cubique de plusieurs mètres de côté faite de canalisations dans lesquelles ont été aménagés des matelas et des objets du quotidien.

Hiwa K. voulait représenter les conditions de vie que l’on impose aux réfugiés selon lui. Des étudiants de la ville ont passé plusieurs heures dans ces canalisations pour marquer les esprits des visiteurs. L’artiste aurait voulu invité le public à y séjourner, mais le festival ne lui en a pas donné l’autorisation.

Vidéo de Kirsten Ripper, article de Stéphanie Lafourcatère

Macron sort-il du cadre ? Certains maires attisent la polémique

France

Macron sort-il du cadre ? Certains maires attisent la polémique