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Procès "Gdeim Izik" : le Maroc condamne 23 Sahraouis


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Procès "Gdeim Izik" : le Maroc condamne 23 Sahraouis

23 Sahraouis accusés d’avoir tué des membres des forces de l’ordre marocaines ont été condamnés par la justice marocaine à l’issue du procès dit “de Gdeim Izik”.
La Chambre criminelle de la Cour d’appel à Salé, près de la capitale Rabat, a condamné huit personnes à la perpétuité, trois à 30 ans de prison, cinq à 25 ans et trois autres à 20 ans. Deux autres accusés ont été condamnés à 6 ans et demi et 4 ans de prison, et ont été libérés. Enfin, deux autres qui étaient en liberté provisoire ont été condamnés à deux ans de prison. Ils resteront cependant libres car ils ont déjà purgé leur peine en préventive.
Les 23 condamnés ont le droit de faire appel auprès de la Cour de cassation dans un délai de 10 jours.

Le procès s‘était ouvert en décembre devant une juridiction civile. Les condamnés ont donc été reconnus coupables d’avoir tué onze policiers et gendarmes marocains, en 2010, dans le camp qui abritait 15 000 Sahraouis, près de la ville de Laâyoune, au Sahara occidental. Désarmées, certaines victimes avaient été égorgées, ou leurs cadavres souillés, selon des vidéos enregistrées par les forces de l’ordre, qui avaient alors choqué l’opinion publique.
Le Maroc et le Front Polisario s‘étaient accusés mutuellement d’avoir provoqué ces affrontements meurtriers qui avaient alors éclaté entre forces de l’ordre et manifestants sahraouis. Le 8 novembre 2010, les forces marocaines avaient démantelé par la force ce camp, où jusqu‘à des milliers de Sahraouis s‘étaient installés pour protester contre leurs conditions de vie.

Durant le procès, les deux parties ont donné une version radicalement opposée des faits et les débats se sont parfois déroulés dans une ambiance houleuse, dans la salle d’audience comme aux abords du tribunal.
Les autorités marocaines ont mis en avant la “transparence” et “l‘équité” des débats, ouverts à la presse et en présence d’observateurs internationaux.
Mais mi-mai, les accusés et leur défense, dont des avocats étrangers, s‘étaient définitivement retirés, refusant de participer à un “simulacre de procès”. Les accusés n’ont depuis lors plus comparu, et leur défense était assurée par des avocats commis d’office.

A l’issue d’un premier procès organisé en 2013 devant un tribunal militaire, les accusés avaient été condamnés à des peines allant de 20 ans de réclusion à la perpétuité.
Face aux contestations d’ONG et de proches des condamnés, et à la suite d’une réforme de la justice militaire marocaine, l’affaire avait été renvoyée devant une juridiction civile.

Le dossier du Sahara occidental, ancienne colonie espagnole contrôlée en grande partie par le royaume, et dont le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, réclame l’indépendance, est un dossier plus que sensible au Maroc.







Avec AFP