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Le vin français sera rare cette année


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Le vin français sera rare cette année

A Montaigu, Jean-Etienne Pignier surveille ses grappes de raisin avec inquiétude. Son vignoble jurassien va moins donner cette année. Les gels du printemps ont une incidence dramatique sur les récoltes ; les volumes de vin attendus pourraient être “historiquement bas”, selon le ministère de l’Agriculture. La récolte 2017 devrait être inférieure de 16% à la moyenne des cinq dernières années.

“Je pense que les pertes dans le Jura seront situées entre 40 et 60% suivant les domaines, explique Jean-Etienne Pignier. C’est ce gel qu’on a eu entre le 18 et le 21 avrril qui nous a enlevé une bonne partie des bourgeons.”

Tous les bassins viticoles ont été touchés par un gel sévère au printemps. Mais les bassins du Sud-Ouest, notamment du Bordelais et des Charentes, mais aussi ceux d’Alsace et du Jura seraient les plus affectés. Des pertes dues à la grêle sont aussi à prévoir en Bourgogne-Beaujolais, Sud-Ouest, Languedoc et Sud-Est.
Et les vignobles du pourtour méditerranéen sont affectés par un autre phénomène, également lié à un aléa météo, la “coulure”, c’est-à-dire la chute des fleurs ou des jeunes baies, due en général à un incident au moment de la floraison et de la fécondation. Ce phénomène touche particulièrement les cépages grenache de la vallée du Rhône.
Dans le détail, les vins pour eaux de vie (comme le cognac) devraient être les plus touchés par la chute de la récolte.
Selon les estimations du ministère, la récolte de vins pour eaux de vie devrait, en effet, chuter de 31% à 5,36 millions d’hectolitres, contre 7,72 millions hl en 2016 et 8,21 millions hl en moyenne entre 2012 et 2016.


Pour les vins AOP (appellation d’origine protégée), le recul devrait atteindre 12%, à 18,45 millions hl contre 20,9 en 2016. La récolte des vins IGP (indication géographique protégée) devrait baisser de 15%, à 10,89 millions hl contre 12,8 l’an passé. Enfin, pour les vins sans indication géographique, la diminution de production est estimée à 27%, à 2,9 millions hl contre 3,9 millions en 2016.

Pour tenter de dédramatiser, le sommelier Philippe Faure-Brac, qui a remporté le concours de meilleur sommelier du monde en 1992, a rappelé à l’AFP ce dicton de vigneron: “Août fait le raisin, septembre fait le vin.”
“Il est encore trop tôt pour tirer une conclusion sur la qualité du vin de cette année qui dépendra du climat jusqu’aux vendanges, et des conditions de récolte. Pour l’instant, les conditions climatiques ne sont pas mauvaises du tout, mais sur la quantité, ce sera économiquement très tendu, c’est sûr”, a-t-il dit à l’AFP.
L’année 1991 fut un “mauvais cru”, non seulement en raison du gel, mais aussi de “conditions de récoltes pas terribles”, a-t-il rappelé.

Principal espoir de rééquilibrage, les systèmes de “réserves” pratiqués par certains vignobles (par exemple, le chablis ou le champagne), où une partie du vin est gardée d’une année sur l’autre sans être commercialisée, comme assurance. Cela permet de lisser l’incidence des aléas climatiques.

Les viticulteurs qui n’ont pas de stock des années précédentes, ou peu de trésorerie vont particulièrement souffrir. Comme les 75% des viticulteurs français qui ne sont pas assurés contre le gel ou la grêle.


Avec AFP