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Sport au Venezuela: épidémie de forfaits faute de transport aérien

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Sport au Venezuela: épidémie de forfaits faute de transport aérien

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Volley-ball, escrime, softball: les forfaits des sélections vénézuéliennes se multiplient ces derniers mois, faute de vols pour se rendre aux compétitions, les compagnies aériennes fuyant ce pays plongé dans une grave crise.

Dernier exemple en date, l‘équipe nationale féminine de volley-ball, a été déclarée perdante samedi face à l’Australie, car elle ne s’est pas présentée à Camberra pour cette rencontre comptant pour le Grand Prix mondial.

“J’en prends la responsabilité, mais pour des raisons qui nous échappent”, a déclaré à l’AFP la présidente de la fédération vénézuélienne de la discipline, Judith Rodriguez, qui assure qu’il a été “impossible” de trouver des billets à temps.

Un avion officiel a bien été mis à la disposition de la délégation à la dernière minute, selon Mme Rodriguez, mais devant les difficultés pour obtenir les autorisations de décollage depuis le Brésil vers l’Afrique du Sud, selon le plan de vol prévu, le déplacement a été annulé.

Le 2 juillet dernier, leurs homologues masculins avaient dû déclarer forfait pour les mêmes raisons face à l’Autriche en Ligue mondiale, une première dans l’histoire de cette compétition.

A présent, explique à l’AFP la journaliste spécialisée Eumar Esaa, le volley-ball vénézuélien risque une suspension de deux à quatre ans dans toutes les catégories. “Si c’est la cas, c’est toute une génération d’athlètes qui sera morte”, lâche-t-elle.

La responsable de la fédération admet être “inquiète” devant l’imminence de ces sanctions.

D’autres sportifs vénézuéliens connaissent le même sort.

Ainsi, l‘équipe nationale de softball et celle d’escrime n’ont pas pu se rendre au Canada en juillet pour participer, respectivement, au Mondial masculin et au championnat Panaméricain.

- ‘Blocus’ –

Le président de l’Institut national du sport (IND), Pedro Infante, reconnaît l’existence de problèmes pour l’achat de billets d’avion, mais à l’image d’autres hauts fonctionnaires, il accuse les compagnies aériennes d’exercer “un blocus” sur le Venezuela.

Air Canada et Aéromexico dès 2014, Alitalia en 2015, GOL, Latam et Lufthansa en 2016, suivies de United Airlines en 2017: plusieurs compagnies ont mis fin à leurs opérations dans ce pays sud-américain secoué par une profonde crise politico-économique.

Le contrôle des changes exercé par l’Etat vénézuélien rend impossible pour ces entreprises la conversion en dollars de leurs gains dans la monnaie locale, ainsi que le transfert de ces sommes vers leur siège.

Le montant total que ces entreprises n’ont pas pu rapatrier dans leur pays d’origine s‘élève à 3,8 milliards de dollars, selon les derniers chiffres de l’Association internationale du transport aérien (IATA).

La situation économique délicate de l’Etat vénézuélien affecte directement les fédérations, financièrement dépendantes du gouvernement.

“Le fait de ne pas avoir de devises suffisantes au moment opportun nous a compliqué la tâche”, a reconnu M. Infante lors d’un récent entretien avec le quotidien Panorama.

“Auparavant, une fédération disait: voilà mon programme, elle demandait des financements et l’IND lui versait l’argent tous les trimestres. A présent, elles (les fédérations) reçoivent le strict minimum pour payer les salaires et leur fonctionnement”, explique la journaliste spécialisée Eumar Esaa.

“L’IND centralise les démarches en vue de l’obtention des devises pour les dépenses de voyage et les billets”, ajoute-t-elle, soulignant que cela créer un “effet d’entonnoir” qui ralentit l’avancée de dossier dans un marché où l’offre de vols est de plus en plus réduite.

Des sports plus populaires, comme le football, qui a l’habitude de percevoir des recettes en dollars, ont pu surmonter ces difficultés et assurer les déplacements de leurs équipes nationales.

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