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La polémique sur le retard de livraison des nouvelles cartes d‘électeurs empoisonne les derniers jours de la campagne des législatives au Sénégal.
A trois jours du scrutin, des opposants auraient voulu que la date des élections soit repoussée. Ces nouvelles cartes, qui sont aussi cartes d’identité biométriques et permis de conduire, n’ont été livrées qu‘à 70 %.
Plusieurs partis de l’opposition ont même rejeté la dernière initiative du chef de l’Etat. Macky Sall a en effet saisi le conseil constitutionnel pour autoriser les électeurs à voter avec un reçu d’inscription d’obtention de la carte ou une autre pièce d’identité.





Il y a un certain nombre de points sur lesquelles l’opposition et les sénégalais s’interrogent, sur la transparence de l‘élection si le conseil accepte la demande du président (utiliser les reçus d’inscription de la carte)“, explique Bakary Domingo Mane, analyste politique.

Mardi, l’ancien président Abdoulaye Wade, qui a pris la tête d’une liste d’opposition pour les législatives de dimanche, avait appelé à une “marche de réclamation des cartes d‘électeurs” à Dakar, dans un secteur déclaré “zone interdite” par les autorités. Mais Wade, rentré au Sénégal pour faire campagne le 10 juillet après plus de deux ans d’absence, a été empêché de se rendre sur les lieux. Ses partisans ont été dispersés par des jets de gaz.

L’analyste Bakary Domingo Mane voit dans la participation de Wade à ce scrutin, un moyen pour l’ancien président de préparer le terrain pour son fils Karim, exilé au Qatar, en vue de la Présidentielle de 2019.

Les législatives sont organisées avec la participation d’un nombre record de 47 listes, contre 24 en 2012. La campagne électorale ouverte le 9 juillet s’achève vendredi. Plus de 6,2 millions d‘électeurs sont inscrits selon les autorités.
Le scrutin vise à renouveler l’Assemblée nationale, où le nombre des sièges va passer de 150 à 165, après une révision constitutionnelle créant 15 postes de députés pour représenter la diaspora sénégalaise.