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Venezuela : une constituante contre vents et marées


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Venezuela : une constituante contre vents et marées

Pas de coup de théâtre, de retournement de dernière minute…l’assemblée constituante a bien tenu sa première séance à Caracas. 545 membres tous issus de la majorité présidentielle de Maduro. A sa tête, Delcy Rodriguez, l’ancienne chef de la diplomatie du pays devra mener à bien la réécriture de la constitution de 1999, promulguée à l‘époque par Hugo chavez. L’image de l’ancien président est d’ailleurs partout, avant de siéger les constituants ont défilé portraits de Chavez et Bolivar entre les mains.
Ils se sont ensuite installés dans le “salon elliptique”, à quelques mètres de l’hémicycle dans lequel se réunissent les députés élus fin 2015 et majoritairement issus de l’opposition, faisant craindre des tensions au sein du bâtiment. Pendant ce temps, les partisans de M. Maduro étaient réunis à l’extérieur, casquettes rouges sur la tête et agitant des drapeaux vénézuéliens. L’opposition marchait également vendredi et entendait rejoindre le Parlement. Dotés de pouvoirs illimités durant un temps indéfini, les constituants sont pour la plupart issus de la société civile et appartiennent tous au camp présidentiel, l’opposition ayant boycotté le scrutin. La nouvelle Assemblée constituante se situe au-dessus de tous les pouvoirs, y compris ceux du chef de l’Etat.

La Constituante est rejetée par 72% des Vénézuéliens, d’après l’institut de sondages Datanalisis. Selon les autorités, plus de 8 millions d‘électeurs (41,5% du corps électoral) ont participé à son élection mais SmartMatic, l’entreprise britannique chargée des opérations de vote, a estimé ce chiffre “manipulé” et surévalué d’au moins un million de votants. Après ces révélations, le parquet général, dirigé par la procureure dissidente Luisa Ortega, a tenté jeudi de freiner la mise en place de la Constituante, demandant à la justice d’annuler la séance inaugurale. L’initiative du parquet a peu de chances d’aboutir, ses précédentes décisions ayant toutes été neutralisées par la Cour suprême.

Cible d’une contestation l’accusant de vouloir étendre ses pouvoirs et prolonger son mandat qui s’achève en 2019, M. Maduro entend, grâce à cette Constituante, “perfectionner” l‘économie et inscrire ses programmes sociaux dans la Constitution. Il jouit du soutien de l’armée.
Confronté à une inflation vertigineuse (projection de 720% pour 2017 selon le FMI), le gouvernement impose depuis 2003 un strict contrôle des prix qui pèse sur la rentabilité des entreprises locales, lesquelles accusent le gouvernement de provoquer ainsi des pénuries. L’opposition continue à contester le principe même de ce “super pouvoir” en dénonçant son “illégitimité”.

Avec AFP