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Démission de la Commission sur la Syrie : Del Ponte s'explique

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Démission de la Commission sur la Syrie : Del Ponte s'explique

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L’immobilisme de la communauté internationale, l’inaction du Conseil de Sécurité des Nations Unies, face à des violences indescriptibles et des crimes atroces impunis, voici les raisons qui ont poussé Carla Del Ponte à démissionner de la Commission d’enquête sur la Syrie de l’ONU. L’ancienne procureure a accusé les membres du Conseil de sécurité “de ne pas vouloir établir la justice” en Syrie.

Elle a accordé une interview à Euronews :

“D’abord, je veux remercier le Secrétaire Général de l’ONU, qui a eu une pensée pour moi. Cela signifie que malgré tout, il s’agit d’un sujet primordial, car cela fait sept années que nous rassemblons des preuves des crimes commis en Syrie, et le Conseil de Sécurité ne décide rien”.

Claudio Rosmino : “Quel est le problème principal”?

“le Conseil de Sécurité est bloqué parce que la Russie utilise son droit de véto, il s’agit donc d’une situation politique. Il y a plusieurs pays qui sont impliqués dans ce conflit et, bien-sûr, les intérêts politiques de ces pays se reflètent dans les résolutions que vote le Conseil de Sécurité”.

Claudio Rosmino : “Comment considérez-vous ce conflit, en comparaison avec les autres que vous avez connus ? Comme ceux du Rwanda et de l’ex-Yougoslavie par exemple”?

“Dans le cas de l’ex-Yougoslavie et du Rwanda, six mois après le premier rapport de la commission d’enquête, le Conseil de Sécurité avait réagi et fait quelque chose, mais ici rien n’a été fait en sept ans. C’est cela le scandale, c’est une vraie honte pour la communaué internationale. Maintenant, si on regarde le type de crimes commis, et j’en ai vus beaucoup dans ma carrière, eh bien je n’ai jamais fait l’expérience d’une telle cruauté, une telle férocité, je n’ai jamais rien vu de tel”.