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Travail détaché : Macron veut convaincre l'Est

La France et l'Allemagne dénoncent le "dumping social" des travailleurs détachés et veulent durcir la directive européenne.

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Travail détaché : Macron veut convaincre l'Est

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En pleine rentrée sociale en France, Emmanuel Macron s’attaque à la directive européenne sur les travailleurs détachés : le président français fait cap cette semaine vers l’Autriche, la Roumanie et la Bulgarie.

S’il a choisi l’Europe de l’Est, c’est que sa promesse de campagne y est redoutée. Lors d’une première réformé proposée par Bruxelles au début de l‘été, dix pays membres de l’UE avaient dénoncé une atteinte à la libre-circulation des travailleurs, Hongrie et Pologne en tête. La France avait pour sa part jugé que la réforme n’allait pas assez loin.

Emmanuel Macron, qui avait échangé en juin dernier avec les dirigeants hongrois et polonais sur la question, a cette fois ciblé de possibles partnaires : la République Tchèque et la Slovaquie (représentés à Salzbourg), la Roumanie et la Bulgarie.

La France, partisane d’une réforme “sur le fond” soutenue par l’Allemagne, dénonce le “dumping social” du détachement des travailleurs.

En France en 2015, près de 300 000 travailleurs temporaires ont gardé la couverture sociale de leur pays d’origine. Ils ont ainsi coûté moins cher que les employés locaux.

Ce phénomène alimente l’europhobie, assure le président français, qui propose d’aligner la réumunération des salariés détachés sur ceux des salariés locaux, limiter à un an la durée du détachement, durcir la lutte contre les fraudes (on estime à plusieurs centaines de milliers le nombre de travailleurs détachés non déclarés) et d’appliquer la directive aux transporteurs routiers. Cette dernière réforme est dénoncée par l’Espagne et le Portugal.

La présidence lituanienne de l’UE doit proposer un compromis avant le prochain sommet des ministres du travail, le 23 octobre. Le temps presse : le 1er janvier prochain, la Bulgarie – moins favorable à durcir la directive – prendra la présidence.