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L'étrange M. Madsen, qui dit être la "malédiction" du Nautilus

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L'étrange M. Madsen, qui dit être la "malédiction" du Nautilus

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“Nous allons demander son maintien en détention pour meurtre” : le procureur spécial de la police de Copenhague, Jakob Buch-Jepsen, exprime ce qui semble être son intime conviction. Le chef d’accusation d’ “homicide involontaire par négligence” à l’encontre de Peter Madsen, le suspect numéro 1 pour la mort de la journaliste suédoise Kim Wall, n’est plus suffisant.

Le parquet danois n’a que jusqu’au 5 septembre prochain pour recueillir des preuves afin de demander une requalification en “meurtre”. C’est à cette date que l‘étrange inventeur du sous-marin UC3 Nautilus, actuellement emprisonné, doit de nouveau comparaître devant un juge. Et il continue de clamer son innocence.


Un autodidacte, fou d'océan et d'espace

D’ici là, les enquêteurs doivent aussi tenter de mieux cerner la personnalité hors du commun de Peter Madsen. Ce Danois de 46 ans, inventeur autodidacte, est tellement passionné par les mondes marins et spaciaux que dès l’adolescence, il achetait du matériel pour construire une fusée. Ce n‘était pas un rêve de doux dingue puisqu’en 2011, il a réussi à lancer une fusée depuis une plate-forme flottante en mer Baltique.


Et puis il y a son fameux sous-marin de 18 mètres, le Nautilus, qu’il a inauguré en 2008. Il est devenu un piège mortel pour la journaliste suédoise de 30 ans le 10 août dernier, avant de sombrer le lendemain dans le détroit de l‘Öresund, entre le Danemark et la Suède. Son “commandant” a été secouru par un plaisancier et depuis, le submersible a été renfloué, il est passé au crible par des policiers scientifiques.

"En colère contre Dieu et les hommes"

Beaucoup d‘éléments paraissent accuser Peter Madsen mais l’homme ne passait jusqu‘à présent que pour un inventeur, certes exalté parfois, mais non violent – si l’on en croit ses proches – qui n’aime ni l’alcool ni la drogue. En creusant un peu plus, grâce notamment à une biographie écrite par Thomas Djursing, on comprend que le suspect est mégalomane et veut toujours, et sur tous les sujets, avoir raison.


De six à dix-huit ans, il a été élevé seul par son père et voici ce qu’il dit de lui : “Quand je pense à mon père, je pense aux enfants, en Allemagne, dont le père était commandant d’un camp de concentration”. Après cette enfance, écrit son biographe, “Il est en colère contre Dieu et les hommes”. “Le fil directeur de sa vie, poursuit-il, ce sont les conflits. Il a du mal à se mettre d’accord avec les autres (…) Il veut tout faire à sa manière”.


La "malédiction" du Nautilus, c'est Madsen

Au moins 25 autres passionnés ont travaillé avec Madsen à la construction du sous-marin Nautilus mais en 2015, il s’est arrangé pour avoir l’entière jouissance du bâtiment. Ensuite, il leur a écrit, témoigne Thomas Djursing : “Une malédiction pèse sur le Nautilus. Cette malédiction, c’est moi. Il n’y aura jamais de sérénité sur le Nautilus tant que j’existerai”.

A la lumière du drame qui s’est déroulé à bord, avouez que cette phrase peut faire peur…