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Espagne : qui était l'imam de Ripoll ?

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Espagne : qui était l'imam de Ripoll ?

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Abdelbaki Es Satty prêchait à Ripoll, une paisible commune espagnole de 10 000 habitants. Cet imam de 45 ans est soupçonné d‘être à l’origine de la radicalisation de la cellule jihadiste qui a frappé à Barcelone et Cambrils. Il est mort mercredi dernier dans l’explosion accidentelle d’un atelier clandestin à Alcanar. Un accident qui a sans doute précipité le passage à l’acte des terroristes présumés.
“Les responsables de la communité musulmane Annour, ici dans cette mosquée de Ripoll, sont encore sous le choc concernant l’imam Abdelbaki Es Satty souligne notre envoyé spécial à Ripoll Vicenç Batalla. Ils ne savaient rien de son passé dans les prisons espagnoles ni de ses voyages en Belgique. Et ils sont étonnés que personne ne les ait avertis.”

L’imam marocain est arrivé à Ripoll en 2015 après avoir passé 4 ans en prison en Espagne pour trafic de drogue et un court séjour à Bruxelles.

_“Il ne parlait que d’islam. Il ne proférait pas de menaces, ni de messages radicaux. Rien n’indiquait qu’il cachait quelque chose souligne Ali Yassine, le président de la communauté musulmane “Annour” de Ripoll.
Ce qu’il faisait en dehors de la mosquée, là c’est autre chose. Ici, il venait avec un visage. Et, en dehors, il en avait un autre. Nous avons été trompés, nous et la famille des garçons.”_

La justice espagnole a confirmé que l’imam avait failli être expulsé mais qu’un juge avait estimé qu’il ne constituait pas “une menace réelle” pour la sécurité publique”. “Il est parti quelques jours après le ramadan. Il est parti parce qu’il nous a demandé trois mois de vacances indique Ali Yassine, le président de la communauté musulmane “Annour” de Ripoll. Il nous a dit qu’il partait trois mois au Maroc et, qu’après, il allait revenir. Nous avons été très clairs et on lui a dit que, s’il voulait partir, ce ne serait que trois semaines.”

Début 2016, Abdelbaki Es Satty aurait postulé en vain pour un emploi dans une mosquée près de Vilvoorde. Bruxelles affirme avoir fourni cette information à la police espagnole, mais il n’y a pas eu de suite.
_ “Ce qui est sûr explique Ali Yassine, le président de la communauté musulmane “Annour” de Ripoll, c’est que nous n’avons reçu aucun message des autorités à propos de cet homme. Nous n’avons reçu aucun message nous disant qu’il avait été en prison. Si j’avais su, avant de l’embaucher, que cet homme avait été quatre ans en prison pour trafic de drogue, il ne serait pas venu ici.”_