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FARC : la réintégration à la vie civile

Aujourd'hui, près de 6000 guérilleros vont entamer leur retour à la vie civile.

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FARC : la réintégration à la vie civile

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Vergenes Jurado travaille aujourd’hui dans un restaurant colombien comme cuisinière. Auparavant, elle était guérillera. Elle a quitté les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) pour éviter un deuxième avortement.

Elle a depuis entamé un processus de réintégration à la vie civile et délaissé les fusils pour les casseroles. Mais elle n’a pas oublié sa vie d’avant pour autant. “J’ai été infirmière pendant 10 ans, témoigne Vergenes Jurado. J’ai vu mes camarades mourir dans mes bras, être blessés… ça a été dur, mais j’ai réussi à aller de l’avant.

Aujourd’hui, près de 6000 guérilleros vont entamer le même processus qu’elle. L’employeur de la jeune femme croit en la réintégration. “_C’est important de donner une opportunité à tous les gens qui se présentent, qu’ils soient guérilleros ou pas. Chacun à son passé mais ici on peut leur offrir un présent”, explique Mario Contreras, le responsable du restaurant.

La réadaptation des FARC à la vie civile est coordonnée par l’Agence colombienne de réintégration. “La réconciliation est un processus dans lequel on n’est pas tous amis, tient à rappeler Joshua Mitroti, le directeur de l’Agence. Mais les dynamiques de violence et d’illégalité sont mises de côté pour construire des relations de confiance et de citoyenneté.

Ce processus de réintégration peut prendre plusieurs années.

Les experts s’inquiètent de la situation des guérilleros mineurs qui sont plus vulnérables. Ces experts gardent aussi un œil sur la situation des anciens guérilleros. Leur accès au monde du travail sera compliqué. Beaucoup d’entre eux n’ont pas d’habitation. Pendant des années, la guérilla était leur seule famille“, raconte Héctor Estepa, notre correspondant à Bogotá.