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Coupe du monde de football : la Syrie passera par les barrages pour se qualifier

En faisant match nul contre l'Iran, l'équipe nationale de Syrie peut encore espérer participer pour la première fois de son histoire à la Coupe du monde de football.

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Coupe du monde de football : la Syrie passera par les barrages pour se qualifier

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Les “Aigles syriens” sont passés tout près de l’exploit hier soir à Téhéran. En effet, en ouvrant le score dès la 13e minute, par Tamer Mohamd, les Syriens étaient virtuellement qualifiés pour la Coupe du monde de football. Mais devant les 62 000 spectateurs du stade Azadi, les Iraniens sont d’abord revenus au score à la 45e, puis ont pris l’avantage à la 64e par un doublé du n°20 de l‘équipe iranienne, Sardar Azoum. A 2 à 1, la sélection syrienne était éliminée de la course à la qualification… jusqu’aux arrêts de jeu, où à la 93e minute Omar al-Somah a égalisé pour la Syrie dans une ultime offensive.


Si ce match nul ne les qualifient pas directement pour la coupe du Monde 2018, qui sera organisée l’année prochaine en Russie, les Syriens ont toutefois encore un chance de participer à la compétition. En finissant troisième de leur groupe du troisième tour des éliminatoires de cette zone Asie, ils rencontreront le troisième de l’autre groupe, l’Australie en match aller-retour. Les rencontres se joueront les 5 et 10 octobre prochains. Et le vainqueur de cette double confrontation sera opposé, en novembre, au pays qui aura terminé à la quatrième place de la zone d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf). On le voit, avec une victoire en Iran, grand allié du régime de Bachar al-Assad, tout aurait été bien plus simple, mais la Syrie peut toujours espérer décrocher le précieux sésame.


Un long chemin…

C’est presque un miracle de retrouver la sélection syrienne à ce niveau, tant le chemin était semé d’embûches. Mais ce qui semblait impossible peut encore se réaliser. Dans un pays, en proie à une terrible guerre civile qui a fait plus de 330 000 morts depuis mars 2011, organiser un match de football n‘était pas envisageable. De nombreux stades ont été détruits ou sont maintenant utilisés comme base militaire. La sélection syrienne a dû prendre le chemin de l’exil pour ses matchs à domicile, avec l’aval de la Fifa, la Fédération internationale de football. Le choix du pays “hôte” n’a pas été une chose aisée. Si les premières rencontres des éliminatoires se sont jouées à Oman, le sultanat n’a plus souhaité accueillir les joueurs syriens pour les autres tours de qualification. Macao avait alors été envisagé mais les Syriens ont finalement posé leurs sacs en Malaisie.

Une équipe pro-Bashar ?

Pour certains joueurs, porter le maillot de la sélection syrienne n’était pas concevable, car synonyme de soutien au régime de Bashar-al-Assad. Et pendant longtemps, l‘équipe nationale a été considérée comme étant sous la férule de l’homme fort de Damas. En 2015, des membres de l’équipe syrienne ont par exemple été aperçus en conférence de presse portant des tee-shirts à l’effigie de Bashar-al-Assad.


Des footballeurs ont même payé de leur vie leur opposition au régime. En effet, selon la chaîne américaine ESPN, 38 joueurs professionnels évoluant dans les deux premières divisions du championnat syrien ont été tués par le gouvernement syrien. Treize autres sont toujours portés disparus.


Autre complication pour le sélectionneur : sur les 21 joueurs sélectionnés pour porter le maillot des Aigles, seuls six jouent dans le championnat syrien, qui n’a été arrêté qu’une seule saison en raison du conflit. Par contre, des joueurs, qui avaient refusé de représenter leur pays, ont réintégré l’équipe nationale comme l’actuel capitaine Firas al-Khatib ou le buteur Omar al-Somah.

Les joueurs du sélectionneur Ayman Hakim tiennent leur destin en main. De Damas, à Homs, à passant par Alep, nombreux seront ceux qui les supporteront. Plus que quatre matchs pour atteindre la Russie et participer pour la première fois à la Coupe du monde avec les plus grandes nations du football.