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La fermeté du Venezuela face aux Européens

Le chef de la diplomatie vénézuélienne dénonce l'ingérence des dirigeants européens alors que l'une des figures de l'opposition est en tournée en Europe.

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La fermeté du Venezuela face aux Européens

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Caracas se montre ferme face aux remontrances des pays européens.

Le Vénézuela est déchiré par une crise politique depuis quatre mois, qui a déjà fait 125 morts.
Une crise aggravée par l‘élection d’une Assemblée constituante contrôlée par le pouvoir et dotée de pouvoirs presque illimités et qui s’est notamment arrogé les prérogatives du Parlement.

Elle a été vivement critiquée par une dizaine de pays d’Amérique latine, les Etats-Unis et par les capitales européennes qui dénoncent également le sort de certains membres de l’opposition.

Le chef de la diplomatie vénézuélienne, Jorge Arreaza, a tenu à les rappeler à l’ordre, expliquant que Caracas souhaitait “entretenir de bonnes relations avec les pays européens et plus généralement avec tous les pays du monde mais que ces relations devaient être basées sur le respect de la souveraineté, de la démocratie et du fonctionnement des institutions du Venezuela”.

Madrid, Paris, Londres ou Berlin avaient pris partie ce week-end pour l’opposante Lilian Tintori – épouse de Leopoldo Lopez, opposant historique à Nicolas Maduro – empêchée par les autorités de quitter le territoire pour venir rencontrer les dirigeants européens.
“Il m’est interdit de quitter le pays. La dictature tente d’empêcher que nous fassions une importante tournée internationale”, avait déclaré Mme Tintori sur Twitter.


Accusée de corruption, Lilian Tintori n’a donc pu accompagner le président du parlement vénézuélien en Europe. Julio Borges, opposant à Nicolas Maduro, a reçu le soutien d’Emmanuel Macron ce lundi à Paris.

Le Venezuela est une “dictature qui tente de se survivre”, avait déclaré le président français la semaine dernière. Selon un communiqué publié dans la soirée par l’Elysée, le président Macron “a condamné les mesures de répression prises à l‘égard de l’opposition et renouvelé son attachement au respect de l’Etat de droit et à la mise en place d’un processus démocratique sain au Venezuela”.

“Le soutien des pays démocratiques et les manifestations du peuple dans la rue sont deux forces qui aideront à forger une solution démocratique”, a estimé Julio Borges à l’issue de la réunion à l’Elysée.

Julio Borges s’est également alarmé de “la tragédie humanitaire” que vit son pays, qui “ne peut ni manger, ni exercer ses droits, ni avoir une vie digne”. Il a accusé Nicolas Maduro d’empêcher l’aide internationale d’arriver au Venezuela.

Le président du parlement vénézuélien sera à Madrid ce mardi avant de rallier Berlin et Londres.


Cécile Mathy avec AFP.