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Élections allemandes 360° : "Doublons les salaires dans le social !"

À l'approche des législatives allemandes, Katharina, travailleuse sociale, appelle les politiques à aider davantage les plus pauvres.

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Élections allemandes 360° : "Doublons les salaires dans le social !"

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Dans le cadre de notre série de vidéos à 360° sur les prochaines élections législatives allemandes prévues le 24 septembre, nous nous rendons dans cet épisode à Brême, dans un Land souvent associé aux pires statistiques nationales sur le chômage et la pauvreté. Nous y rencontrons Katharina, 29 ans. Elle s’occupe de l’accueil des enfants dans un centre des familles. Pour elle, les travailleurs sociaux devraient être mieux considérés “parce qu’ils font un travail qui nous sert à tous.” À l’approche du scrutin fédéral, elle attend des responsables une prise de conscience des politiques.

Katharina, 29 ans, vit à Brême dans le quartier de Sebaldsbrück et travaille dans un centre des familles où elle s’occupe de l’accueil des bébés et des enfants. Nous la rencontrons sur place. “Ce qui me plaît ici, c’est que c’est multiculturel, dit-il. Il y a des gens et des enfants de toutes nationalités : cette diversité, c’est ce que j’aime le plus.”

Ce qui la motive à venir tous les matins ? “Que ma journée soit clairement organisée, confie-t-elle. Ce n‘était pas le cas avant : j’ai été sans emploi pendant un an et demi, raconte-t-elle avant d’ajouter : Le matin, quand je me lève, je me dis : Cool, je vais faire quelque chose de cool avec les enfants.”

Katharina a eu son premier enfant à l‘âge de 18 ans. Elle nous explique avoir été parfois livrée à elle-même. “C‘était très compliqué, pas comme je l’imaginais, c‘était très fatigant, je ne pouvais pas vraiment compter sur l’aide de ma famille qui avait déjà des difficultés, dit-elle. Le plus difficile, c‘était le côté professionnel, réussir à tout gérer en même temps : m’occuper des enfants et faire un apprentissage,” estime-t-elle.

Plus de solutions de garde pour les familles en difficulté

Il y a quelques années, Katharina aurait pu trouver de l’aide dans le centre où elle travaille aujourd’hui. Les parents peuvent y faire garder leurs enfants et le personnel de cette structure financée par le Land et le gouvernement fédéral passe même les prendre à domicile pour les amener au centre ou dans d’autres crèches.

Dans le Land de Brême où 18 % de la population vit d’allocations sociales, le double de la moyenne nationale, les besoins sont immenses : on recense de nombreux parents qui vivent seuls, 40% d’entre eux sont au chômage. Un enfant sur trois est en situation de pauvreté.

“Je ne crois pas que le genre de garde flexible que nous proposons ici existe ailleurs, explique Katharina. Je pense que c’est quelque chose qui manque, il devrait y avoir plus de possibilités comme celle-là pour permettre aux mères et aux pères seuls qui ont peu de revenus d’organiser leur vie, poursuit-elle. C’est difficile de gérer les choses quand on commence des études ou un apprentissage et on ne sait pas comment faire pour faire garder son enfant. Souvent, les gens sont obligés de renoncer. S’il y avait plus de solutions de garde, il y aurait plus de monde qui ferait une formation ou reprendrait un emploi.”

Quand on demande à la jeune femme si elle espère que les prochaines législatives apportent un changement, en particulier pour son quartier et pour Brême ? Voici ce qu’elle répond : “Absolument, j’espère en tout cas qu’il y aura plus de responsables politiques qui viendront dans les quartiers comme le mien et qu’ils se diront : “Alors, c’est à ça que ça ressemble ici, ces gens ont besoin d’aide”. Actuellement, ils semblent penser que le social, c’est important, mais on a l’impression qu’ils ne font pas grand-chose en réalité,” juge-t-elle.

“Les travailleurs sociaux font un travail qui sert à tous”

Et si Katharina était chancelière, voici ce qu’elle ferait en premier : “Je doublerais et – peut-être même – triplerais le salaire des travailleurs sociaux parce qu’ils font un travail qui nous sert à tous : il faudra toujours s’occuper des personnes âgées… Et des enfants qui devraient être plus nombreux à l’avenir, souligne-t-elle. C’est dans ce secteur que je changerais les choses dans tous les cas, je donnerais aussi de meilleures conditions de travail aux travailleurs sociaux pour qu’ils aiment ce qu’ils font et qu’ils soient motivés, dit-elle avant d’ajouter : Je crois qu’ils sont démotivés actuellement, leur travail est dur et ils ne reçoivent pas la rétribution qui leur est due.”

Dans le Land de Brême, les inégalités sont “très importantes”, constate-t-elle. “J’en prends conscience à chaque fois que je vais dans le centre-ville : là-bas, il y a tout : de grands centres commerciaux et des cafés partout, tout est fait pour les gens qui ont vraiment de l’argent, mais quand on va dans les quartiers en périphérie, il n’y a presque rien, il y a peu de choses pour les gens qui n’ont pas beaucoup d’argent, regrette la jeune femme avant de conclure : Il faut que ça change, il devrait y avoir des choses pour tout le monde, peu importe que les gens aient de l’argent ou non.”