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L'avenir des "dreamers" en question

Donald Trump a décidé de supprimer le décret de Barack Obama qui régularisait temporairement la situation de plus de 800 000 jeunes sans-papiers.

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L'avenir des "dreamers" en question

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Pas question de voir leur rêve américain leur échapper. Les “Dreamers” ont manifesté ce mardi dans plusieurs villes américaines pour dénoncer l’abrogation du décret DACA (Deferred Action for Childhood Arrivals) qui leur permet d‘étudier et de travailler aux Etats-Unis.

Ces jeunes, arrivés illégalement sur le territoire américain avant 16 ans, s‘étaient vu offrir par le président Obama une existence légale temporaire en 2012. Donald Trump a décidé de supprimer ce programme qui concerne plus de 800000 sans-papiers. A compter de ce mardi, aucune nouvelle demande n’est examinée. Les permis existants, qui portent sur une durée de deux ans, resteront en revanche valables jusqu‘à leur expiration, date à laquelle leurs détenteurs n’auront plus le droit de travailler et pourront théoriquement être expulsés.

C’est le cas de Flor Reyes, 20 ans, qui vit à New York. Elle est arrivée du Mexique aux Etats-Unis quand elle avait deux ans avec ses parents.

“Je ne sais pas comment je vais expliquer à ma mère que je ne pourrai plus l’aider à subvenir aux besoins de notre famille”, a-t-elle déclaré, en pleurs, lors d’une conférence de presse.
“Nous devons résister. Nous devons nous assurer que le Congrès respecte ce qui nous avait été promis”, ajoute-t-elle.


Faute de majorité au Congrès sur la question de l’immigration, Barack Obama avait pris ce décret pour régulariser temporairement la situation de ces jeunes sans-papiers, qui ont, bien souvent, grandi aux Etats-Unis et n’ont que très peu connu leur pays d’origine.
L’ancien président américain est sorti de sa réserve sur les réseaux sociaux pour fustiger la décision de son successeur à la Maison blanche. Une décision qu’il juge “contre-productive” et “cruelle” pour “ces enfants qui étudient dans nos écoles, ces jeunes adultes qui débutent leur vie professionnelle”.“In fine, c’est une question de décence élémentaire. Il s’agit de savoir qui nous sommes et qui nous souhaitons être”, a-t-il lancé.

Le surnom de “rêveurs”, donné à ces jeunes sans-papiers, fait référence au Dream Act, projet de loi de réforme de l’immigration n’ayant jamais abouti.

Donald Trump, de son côté, a assuré qu’il avait “beaucoup d’amour” pour ces jeunes mais qu’il fallait donner “la priorité” aux travailleurs américains, comme il l’avait martelé pendant sa campagne.

Il a donné six mois au Congrès pour légiférer sur la question. Si le Congrès se montrait à nouveau incapable de trouver une solution dans les six mois, “je réexaminerai l’affaire”, a prévenu le président américain mardi soir dans un tweet.


“C’est une triste journée pour notre pays”, a lancé Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook. Microsoft a dit être déçu par cette décision qu’il considère comme “un recul pour le pays tout entier”.
Plus généralement les patrons de la Silicon Valley, ont eux aussi dénoncé le choix du président américain, qui fait face à des réticences au sein de son propre camp.

Le sénateur républicain Lindsey Graham a ainsi estimé qu’il fallait agir vite pour éviter des expulsions.

Environ 154 000 jeunes verront leur permis arriver à échéance dans les six mois, d’après le département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis.

Le pays compterait 11 millions de clandestins.

Cécile Mathy avec AFP.