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Russes et Sud-Coréens pour un apaisement des tensions avec Kim Jong-Un

Le président sud-coréen estime que, "si la Corée du Nord n'arrête pas ses provocations, la situation sur la péninsule coréenne risque de devenir imprévisible".

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Russes et Sud-Coréens pour un apaisement des tensions avec Kim Jong-Un

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C’est à Vladivostok, en marge d’un sommet économique régional que le président sud-coréen, Moon Jae-in, et son homologue russe, Vladimir Poutine, ont appelé à “un apaisement urgent” sur le dossier nord-coréen, et ce, en dépit de leur désaccord concernant d‘éventuelles nouvelles sanctions contre Pyongyang après le dernier essai nucléaire.
Le sud-coréen a averti la Russie :

Si la Corée du Nord n’arrête pas ses provocations, la situation sur la péninsule coréenne risque de devenir imprévisible“.

Après l’essai nord-coréen, Séoul avait demandé d’infliger “la punition la plus forte” à Pyongyang, afin de l’isoler complètement”, penchant pour la suspension de livraisons d’hydrocarbures . Mais pour Poutine, “il ne faut pas céder aux émotions et acculer Kim Jong Un”, un nouveau train de sanction serait “inutile”.
La Russie et la Chine proposent un “double-gel” : que la Corée du Nord adopte un moratoire sur ses essais de missiles nucléaires en échange de la suspension des exercices militaires conjoints de Séoul et de Washington sur la péninsule coréenne. Une rencontre avec les représentants russes, qui explorent activement les voies diplomatiques pour trouver une solution au conflit, pourrait se tenir en marge du forum, selon le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Des diplomates ont indiqué que Washington souhaitait toutefois prendre le pétrole pour cible dans une nouvelle résolution de sanctions (la huitième), mais également le tourisme et les travailleurs nord-coréens à l‘étranger. Cette résolution pourrait être soumise au vote lundi 11 septembre.

Couper le pétrole, la solution ?

Il faut savoir que l’or noir revient dans toutes les discussions sur un nouveau durcissement des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU contre Pyongyang. La Corée du Nord dispose en effet de très peu de réserves pétrolières et dépend donc lourdement de ses importations. La Chine est de loin son premier partenaire commercial puisqu’elle représente 90 % de son commerce extérieur.
Mais on ignore l’importance des livraisons chinoises de brut car les douanes chinoises n’ont plus publié depuis 2014 de chiffres officiels à ce sujet.

L’Agence d’information sur l‘énergie (EIA) des Etats-Unis estime que Pyongyang importe environ 10.000 barils de brut par jour. L’essentiel provenant de Chine et alimentant l’unique raffinerie du pays, l’Usine chimique de Ponghwa.
Avec un baril avoisinant les 50 dollars, cela représenterait environ 180 millions de dollars par an.
En outre, le Nord a importé en 2016 de Chine pour 115 millions de dollars de produits pétroliers raffinés qui pourraient inclure de l’essence et du carburant pour avion, selon des chiffres du Centre international du commerce (ITC), un organisme dépendant de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de l’ONU.

Une situation complexe. Pour éclairer les choses, l’AFP a contacté l’Institut Nautilus, un cabinet de recherche américain. Celui-ci estime, dans son dernier rapport, qu’interdire les importations serait désastreux pour les Nord-Coréens.

“Les gens devront marcher, ou ne plus se déplacer, et pousser les bus au lieu de prendre place à l’intérieur”, écrivent Peter Hayes et David von Hippel dans ce rapport. “Il y aura moins de lumière dans les maisons, faute de kérosène.”
L’interdiction aggravera selon eux la déforestation puisqu’il faudra couper des arbres pour produire du charbon de bois, ce qui entraînera davantage “d‘érosion, d’inondations et de famines”.

Du fait de la stratégie du “songun” (l’armée d’abord), le régime restreindrait immédiatement les quantités de pétrole allouées aux civils. Une interdiction des importations aurait par conséquent un “impact immédiat nul ou limité” sur l’armée nord-coréenne et ses programmes balistique et nucléaire.
L’armée, qui utilise un tiers du pétrole importé, a des réserves qui lui permettraient de tenir au moins “un an avec une consommation classique de temps de paix” et pourrait se battre un mois avant de manquer de pétrole, selon les deux chercheurs.

Pour Oh Joon, ancien ambassadeur de la Corée du Sud aux Nations unies, suspendre les importations nord-coréennes de pétrole serait “fatal” au régime.
“Mais ce ne sera pas facile d’obtenir le feu vert de la Chine”, a-t-il déclaré à l’AFP.