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Les débuts envoûtants de Juan Diego Flórez dans "Lucrèce Borgia"


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Les débuts envoûtants de Juan Diego Flórez dans "Lucrèce Borgia"

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À l’apogée de sa carrière, il ajoute un rôle à son répertoire déjà vaste : le ténor péruvien superstar Juan Diego Flórez fait ses débuts dans “Lucrèce Borgia” de Donizetti. Cet opéra en version concert est l’un des temps forts du Festival de Salzbourg 2017.

Le Festival de Salzbourg sait réunir avec faste, les plus grands chefs-d’oeuvre et les stars les plus convoitées. Il le prouve une nouvelle fois avec Lucrèce Borgia de Donizetti et offre par la même occasion, un nouveau rôle au champion du bel canto Juan Diego Flórez. “J’ai toujours voulu chanter “Lucrèce Borgia” – le rôle de Gennaro – et aussi parce que mon idole Alfredo Kraus avait l’habitude de l’interpréter, l’une de ses performances a été enregistrée, raconte-t-il. Même si ce sont mes débuts, poursuit-il, dans la pratique, je connaissais cet opéra du fait d’avoir écouté encore et encore cet enregistrement.”

Richesse mélodique

En version concert, les interprètes peuvent se concentrer uniquement sur la musique. Ce qu’apprécie Juan Diego Flórez. “On peut se focaliser sur le chant et dans le cas du bel canto en particulier, c’est agréable parce que le bel canto est une affaire de voix, une performance de voix chantée avec une grande virtuosité, indique le ténor. En version concert, on peut vraiment en profiter,” renchérit-il.

Dans cet opéra présenté pour la première fois à La Scala en 1833 et inspiré d’une pièce de Victor Hugo, Lucrèce Borgia, beauté diabolique, empoisonne accidentellement son fils prodigue. Une intrigue sombre d’une grande richesse mélodique. “Donizetti est célèbre pour ces magnifiques lignes legato qui donnent de la couleur à la musique,” s’enthousiasme Juan Diego Flórez.

L’art du “beau chant”

Dans le rôle-titre, la soprano bulgare Krassimira Stoyanova. Elle revient pour nous sur les exigences du bel canto : “Chanter du bel canto, cela ne veut pas dire simplement produire des sons : le terme bel canto lui-même veut dire ‘le beau chant’, fait-elle remarquer avant d’ajouter : Cela nécessite une voix de haute qualité, la technique et le phrasé adéquats.”

“Dans le bel canto, on peut orner une cadence, précise de son côté, Juan Diego Flórez, par ailleurs président de la fondation Sinfonía por el Perú. Cela veut dire qu’on peut ajouter des notes aïgues et à la fin des airs, maintenir l’une de ces notes pendant que l’orchestre joue fort, fort, fort et puis, fin !” À Salzbourg ce soir-là, l’opéra s’achève et presque aussitôt, le public du Festival laisse éclater un tonnerre d’applaudissement pour le ténor péruvien et ses partenaires.

Katharina Rabillon avec Stéphanie Lafourcatère

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