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La Géorgie frappe à la porte de l’UE

La Géorgie souhaite rejoindre l’UE mais l’atmosphère politique en Europe n’est pas favorable à un élargissement.

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La Géorgie frappe à la porte de l’UE

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La Géorgie attend à la porte de l’Union européenne. Les deux partenaires ont signé et mis en œuvre un accord d’association. Pour Tbilissi l’ambition européenne n’est pas qu’une question de sécurité, c’est aussi une nécessité politique et économique. Un choix qui s’est révélé urgent après la guerre en 2008 avec la Russie. A l’issue de ce conflit la Géorgie a réalisé que son économie était extrêmement liée aux intérêts de Moscou. Dès lors sa souveraineté était aussi limitée. Les forces russes ont défait la petite armée géorgienne et ont pris le contrôle de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. La Géorgie s’est lancée dans un processus de réforme et ses efforts contre la corruption sont considérés comme un succès. Le pays souhaite donc adhérer à l’Union européenne mais le calendrier n’est pas favorable à l‘élargissement et aux ambitions géorgiennes.
Euronews a interrogé le président géorgien, Guiorgui Margvelachvili, sur les différents obstacles qui se dressent sur la route de son pays pour se rapprocher de l’Union.

Euronews :
“N’avez-vous pas peur que les problèmes au sein de l’Union européenne, entre les Etats membres, puissent affecter les liens entre l’Union et par exemple la Géorgie ou l’Ukraine, les anciens pays soviétiques?”

Guiorgui Margvelachvili :
“Je pense que ces problèmes, ces défis qui se déroulent dans l’Union ralentissent l’intégration de la Géorgie. Je ne dirais pas que cela va affecter le processus européen, voir stopper l’intégration de la Géorgie, mais ils ralentissent le processus.”

Euronews :
“Pourquoi?”

Guiorgui Margvelachvili :
“Il est évident que l’Union s’est construite avec pour objectif de parvenir à des décisions démocratiques inclusives entre les Etats membres et quand il y des ambiguïtés sur des questions comme le Brexit, alors le processus décisionnel est ralenti. Bien sûr la question russe est un des facteurs de ce processus.”

Euronews :
“Pourquoi? Qu’est-ce que le facteur russe? Quelle est le lien entre le facteur russe et ces divisions au sein de l’Union?”

Guiorgui Margvelachvili :
“Je dirais le facteur russe mais pas dans le contexte des divisions au sein de l’Union européenne, mais le facteur russe et son engagement actif en Ukraine, en Géorgie et dans d’autres pays voisins de la Russie, des pays qui sont dans le processus européen, car la Russie a réagi de façon très agressive.”

Euronews :
“Oui mais dans le même temps, il semblerait que la Russie ait d’excellentes relations avec certains Etats membres.”

Guiorgui Margvelachvili :
“Malheureusement nous voyons le coût de ces bonnes relations. Cela intensifie parfois les crises dans la région avec parfois des conséquences lourdes pour ces pays. Je sais que si vous construisez une relation bilatérale avec Moscou et que vous oubliez vos principes, que vous oubliez ce qui est fondamental, que vous oubliez les règles internationales, et alors il est possible qu’il y ait un retour de bâton. C’est la loi de l’histoire.”

Euronews :
“En tant que dirigeant d’un ancien pays soviétique, que pensez-vous du Brexit et de ces tensions au sein de l’Union?”

Guiorgui Margvelachvili:
“Quand j’observe le Brexit, j’espère que cette sortie sera analysée avec attention et que les conclusions seront tirées du Brexit. Ces conclusions doivent améliorer l’Union européenne et empêcher tout processus de désintégration. Je sais qu’il y a de temps en temps une rhétorique autour du Brexit, mais je crois au sens commun européen dans la façon de faire de la politique.”

Euronews :
“Mais avec une Europe à deux vitesses il pourrait y avoir plus d’opportunités pour des pays comme le vôtre, comme l’Ukraine, comme la Moldavie pour rejoindre le second cercle?”

Guiorgui Margvelachvili :
“Nous ne savons toujours pas à quoi cela ressemblera. Ce cercle n’est pas l’UE dans sa structure formelle. Ce cercle et ces étapes sont des possibilités de se rapprocher de l’Europe dans une forme ou dans une autre. Donc je pense que pour la Géorgie, je me place de ce point de vue-là, il est intéressant d’avoir d’autres moyens d’intégration. Et c’est ce que nous recherchons, avoir d’autres étapes pour arriver à notre objectif final, devenir membre de l’Union européenne.”