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Emeutes au Chili 44 ans après le coup d'Etat

La marche en mémoire des victimes de la dictature de Pinochet a rassemblé plus de 5 000 manifestants à Santiago. Retour sur le coup d'Etat.

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Emeutes au Chili 44 ans après le coup d'Etat

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44 ans après le coup d‘état militaire au Chili, la marche en mémoire des victimes du régime de Pinochet s’est achevée par des émeutes devant et à l’intérieur du cimetière principal dans le nord de Santiago.
Bilan de cette journée de commémoration toujours tendue : six policiers ont été blessés et 25 manifestants arrêtés.

Elu en 1970, le Président socialiste Salvador Allende (de l’Unité populaire) tentait encore de juguler la crise économique organisée par l’oligarchie chilienne avec la complicité des Etats-Unis, quand l’armée lance son coup d’Etat. On est le 11 septembre 1973. L’attaque du palais de la Moneda signe l’arrêt de mort d’Allende (il se serait suicidé après avoir déclaré qu’il ne se rendrait pas), et l’avènement du général Augusto Pinochet pour les 16 ans à venir. Ce n‘était pourtant pas le cerveau du coup d’Etat, mais c’est lui qui est tenu responsable de ce qui arriva : à savoir la terreur, les purges, des milliers d’arrestations, la caravane de la mort, les centres de détentions. Un exode massif s’en suit.

Officiellement, le régime a engendré 3 200 morts et disparus et 38 000 personnes ont été torturées.

Pinochet est mort au Chili (10.12.2006) avant d’avoir pu être jugé, au grand dam des familles de victimes.
Comme tous les ans, elles ont manifesté par milliers. Alicia Lira, présidente d’une Association des familles de politiciens assassinés : “Pour nous, il est très important de rendre hommage à nos femmes et nos hommes qui ont combattu cette dictature et ne sont plus, ils sont plus vivants que jamais.





Selon les sources, un million de Chiliens aurait quitté le pays dans les quatre ans qui ont suivi ce coup d’Etat militaire. A ce jour, plus de 200 000 exilés et leurs descendants vivent en Europe.





Avec Reuters, AP et AFP