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Crise des Rohingyas : un nettoyage ethnique en cours ?

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé de se réunir pour discuter de la détérioration de la situation de la minorité Rohingya en Birmanie.

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Crise des Rohingyas : un nettoyage ethnique en cours ?

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A la demande du Royaume-Uni et de la Suède, le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé de se réunir demain, mercredi 13 septembre, pour discuter de la détérioration de la situation de la minorité Rohingya. La Birmanie a refusé l’accès aux enquêteurs de l’ONU et celle-ci soupçonne un “nettoyage ethnique”. 313 000 Rohingyas ont fui depuis le 25 août estime le HCR.
Le dalaï lama en personne a exhorté la présidente Aung San Suu Kyi, nobel de la paix, comme lui, à trouver une solution.

Le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, a également déclaré hier :

Il ne fait aucun doute que le traitement des Rohingya est une honte et je crains que cela ne nuise à la réputation de la Birmanie (Myanmar). Et tous ceux qui souhaitent du bien à Aung San Suu Kyi, le conseiller d‘État, tous ceux qui l’admirent, espèrent qu’elle sera en mesure d’utiliser son leadership pour que les militaires fassent le bon choix pour cette minorité opprimée et en grandes difficultés.

La Maison blanche s’est de son côté déclaré “profondément troublée” par cette crise. Elle appelle les autorités birmanes à respecter la loi, à stopper les violences et les déplacements de cette population.

Arrivé hier au Bangladesh, Abdus Sobahan, réfugié, expliquait à un journaliste :

J’ai encore d’autres parents là-bas, ma tante vit dans un village du Myanmar. Ils m’ont appelé et m’ont dit que les militaires avaient incendié leur maison.

Le flux de réfugiés Rohingyas quittant le nord-ouest du pays à pied semble se ralentir ces derniers jours, après un pic la semaine dernière. Mais le Bangladesh, qui les accueille, fait face à une crise humanitaire, les camps sont déjà surpeuplés.

Cette crise a commencé avec des attaques de rebelles rohingyas contre la police birmane le 25 août, qui ont déclenché une répression de l’armée. Bilan, au moins 500 morts, la plupart rohingyas, selon l’armée, l’ONU évoquant le double de morts, des villages incendiés et des exactions. Les rebelles ont déclaré dimanche un cessez-le-feu unilatéral d’un mois, mais le gouvernement birman a répondu qu’il ne négociait pas avec des “terroristes”.

La diplomatie birmane, dirigée par Aung San Suu Kyi, a maintenu lundi soir, dans un communiqué, son soutien à l’armée : elle a assuré que “les forces de sécurité ont reçu pour instructions” d’“éviter des dommages collatéraux et que des civils innocents soient blessés lors de leur mission légitime de restauration de l’ordre”.

Dans une déclaration sans ambiguité, le chef de l’armée birmane a affirmé que les “Rohingyas ne font pas partis de l’histoire du pays”.

Avec AFP, Nick Perry