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En Pologne, l'Europe à plusieurs vitesses ne passe pas

Varsovie l'a rappelé lors du dernier forum économique de Krynica.

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En Pologne, l'Europe à plusieurs vitesses ne passe pas

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C’est dans la station thermale de Krynica au sud-est de la Pologne que se sont retrouvés les principaux dirigeants d’Europe centrale et orientale à l’occasion d’un forum économique. L’occasion d’exprimer critiques et inquiétudes vis-à-vis de ceux qui prônent une Europe à plusieurs vitesses.
Crise des migrants, travailleurs détachés : entre l’est et l’ouest les sujets de crispation ne manquent pas.

Sur place, Stanisław Karczewski, le président du Sénat polonais a répondu à Euronews quant à la nécessité de réformer l’Union européenne. Mais à condition de respecter deux principes : la solidarité et la souverainenté des Etats membres de l’UE.

“La Pologne est prête à commencer les discussions sur le futur de l’Union européenne, a souligné M. Karczewski. Nous soutenons donc le concept d’une Europe composée de pays qui font preuve de solidarité, qui coopèrent étroitement mais qui doivent être des Etats souverains “.

Depuis son arrimage à l’Union européenne en 2004, la Pologne fait entendre sa voix. Mais la France et l’Allemagne ont montré une certaine réticence à partager leur leadership avec Varsovie. D’abord parce que les pays d’Europe centrale revendiquent davantage leur souveraineté et sont souvent perçus comme des freins à l’intégration comme l’a rappelé la crise des migrants. Mais leur faible poids économique tend également à les marginaliser. D’autant qu’en 13 ans, et après la crise financière qui s’est abattue sur l’Europe, le rattrapage économique des anciens pays communistes n’a pas été homogène.

Agnieszka Markiewicz, de l’American Jewish Committee : _“Un grand nombre de personnes n’ont pas profité de la croissance, quelque part ils ont été laissés pour compte. Il est important de rappeler que le PIB de la Pologne d’aujourd’hui est plus ou moins similaire à celui de la Grèce ce qui signifie que nous avons encore beaucoup à rattraper et je pense que c’est un énorme défi avant que la Pologne ne devienne comparable à la vieille Europe”.
Les nombreux différends entre le gouvernement polonais ultraconservateur et la Commission européenne compliquent aussi le débat. Les critiques du président Jean-Claude Juncker ont agacé parfois même les Polonais les plus europhiles.

La Pologne s’inquiète surtout des conséquences d’un renforcement de la zone euro souhaité par Paris et Berlin. Au forum économique de Krynica le président polonais Andrezj Duda a rappelé que l’Europe devait rester une union de pays libres et égaux. Faute de quoi le projet européen risquait de désintégrer.

Avec Agences