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"Dégage!": Angela Merkel, cible de "citoyens en colère"

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"Dégage!": Angela Merkel, cible de "citoyens en colère"

"Dégage!": Angela Merkel, cible de "citoyens en colère"
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Si Angela Merkel est la grande favorite des élections législatives allemandes de la semaine prochaine, elle est aussi la cible privilégiée de sympathisants de la droite nationaliste qui viennent la conspuer lors de ses meetings.

Partout où elle fait campagne ou presque, ces “citoyens en colère” munis de pancartes avec les inscriptions “Dégage!” ou “Merkel doit partir!”, parfois aussi armés de tomates, cherchent à perturber les discours de la chancelière conservatrice.

Loin de représenter une vague spontanée de ras le bol contre de la cheffe de l’exécutif, la plupart de ces actions portent l’empreinte de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne).

Ce mouvement de la droite populiste devrait faire son entrée à la chambre basse du Parlement à l’issue du scrutin du 24 septembre et connaît depuis deux semaines une hausse notable dans les sondages, passant de 7-9% à 10-12%.

La plupart des fauteurs de trouble arrivent d’ailleurs aux meetings avec leurs posters de l’AfD, dont la popularité s’est nourrie des craintes liées à l’arrivée de plus d’un million de réfugiés en Allemagne depuis 2015.

- Vie “difficile en Allemagne” –

Samedi encore dans la petite ville balnéaire de Binz, sur l‘île de Rügen au Nord de l’Allemagne où Mme Merkel tenait un meeting, une poignée de militants portant des pancartes AfD ont tenté de perturber son discours. Las, trop éloignés, leurs cris furent cette fois à peine audibles.

“Elle donne l’impression qu’elle contrôle tout mais c’est faux”, a estimé Helmut Michel, une affiche anti-Merkel à la main. Selon lui, le pays ne pourra pas intégrer autant d‘étrangers car “la vie est déjà assez difficile en Allemagne”.

Pourtant, la crise des migrants, qui avait fait vaciller un temps la chancelière, est largement passée au second plan alors que le flux des nouvelles arrivées s’est tari. Et un quatrième mandat lui semble acquis.

“En fait la colère n’est pas seulement alimentée par la politique migratoire de Merkel, mais aussi par l’impuissance, par le sentiment de ne pas être pris au sérieux par ceux d’en haut“, soulignait récemment le magazine Der Spiegel.

La grande coalition centriste avec les sociaux-démocrates des quatre dernières années “n’a quasiment rien fait pour apaiser ces électeurs”, souligne Timo Lochocki, politologue au German Marshall Fund.

Et “de plus en plus d‘électeurs contestataires, ainsi que des conservateurs excédés par les plans de sauvetage financiers en zone euro, se déplacent vers la droite”, dans les bras de l’AfD, ajoute-t-il.

Toujours anti-euro comme à sa création en 2013, l’AfD fait campagne avec un programme anti-islam, anti-migrant et anti-Merkel. Ses responsables sont régulièrement sous le feu des critiques pour leurs dérapages racistes ou leurs appels à la fin de la politique de repentance pour les crimes nazis.

Pour Nico Siegel, chef de l’institut de sondage Infratest dimap, l’AfD est devenu “l’aspirateur de tous les insatisfaits”.

- Faire entendre sa voix –

Comme tous les partis traditionnels rejettent l’AfD, ses partisans ont le sentiment de devoir faire du bruit pour que leur mécontentement soit entendu.

“Les électeurs en colère se sentent en situation de faiblesse car ils savent que même s’ils votent pour d’autres (…), ils ne se débarrasseront pas de Merkel”, souligne M. Lochocki.

Par ailleurs, Merkel et sa stratégie permanente qui consiste à éviter les sujets les plus controversés nourrissent la frustration de ces citoyens en colère, soulignait récemment le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

“La chancelière est devenue un objet de polarisation alors même que son style politique est exactement à l’opposé”, pointe le quotidien.

Mais à 63 ans, et douze ans de pouvoir derrière elle, l’intéressée en a vu d’autres. “Les gens qui sifflent et crient refusent d‘écouter”, a-t-elle accusé, tout en ajoutant avoir l’intention de poursuivre ses meetings y compris dans des lieux inconfortables pour elle, dans un entretien au Berliner Zeitung.

“Ceux qui jettent des tomates se comportent comme des enfants. Cela n’apporte rien”, a estimé Helmut Wessling, un retraité venu assister au meeting de Binz. Sans hésitation, il votera pour elle.

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