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Législatives en Allemagne : l'AfD veut jouer les arbitres

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Législatives en Allemagne : l'AfD veut jouer les arbitres

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A la veille des élections législatives en Allemagne, l’AfD, la droite nationaliste, profite d’une petite poussée dans les sondages et d’un tassement du parti d’Angela Merkel. Le parti intensifie ces derniers jours sa campagne contre l’immigration et les musulmans. Alexander Gauland, l’une des deux têtes de liste de l’AfD, “Alternative pour l’Allemagne”, n’a de cesse de dénoncer le terrorisme qui pour lui a ses “racines dans le Coran”. Le parti multiplie les provocations. La campagne a été rythmée par les polémiques. Bjorn Höcke, à la tête de l’AfD dans l‘état fédéral de Thuringe, s’est attiré les critiques de la classe politique en déplorant l’existence du mémorial de Berlin sur l’Holocauste considéré selon lui comme un mémorial de la honte.


Sur ces affiches : “Burkas ? On préfère les bikinis”, l’AfD expose ouvertement des messages anti-musulmans. Dans son programme électoral, l’AfD souhaite l’immédiate fermeture des frontières pour stopper l’immigration de masse. Depuis le début de la crise des réfugiés en 2015, le parti est devenu de plus en plus islamophobe selon les spécialistes.

“La question des réfugiés n’est plus un problème pour les partis allemands, mais pour les électeurs allemands. Cela signifie que les électeurs allemands cherchent un parti qui traite cette question et prenne au sérieux leurs préoccupations conservatrices”, explique Timo Lochocki, du German Marshall Fund.

Mais cela ne suffit pas pour expliquer le succès du parti, crédité de 10 à 12% dans les sondages. Selon l’institut Hans-Böckler, l’insatisfaction des électeurs par rapport à leur situation personnelle joue aussi un rôle important. Des électeurs qui pensent que les acteurs majeurs de la politique ne s’intéressent plus à eux. Deux groupes très différents votent pour l’AfD selon les chercheurs : des électeurs de classe moyenne, principalement des hommes aux revenus inférieurs à la moyenne, mais aussi des gens éduqués qui gagnent bien leur vie. Leur point commun : ils éprouvent de multiples craintes qui selon les experts, ont été négligées par les grands partis.

L’AfD se voit au moins en troisième homme du scrutin. Son objectif : se positionner dès le 24 septembre pour remporter la chancellerie en 2021.