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Tourisme durable : les pandas de Chengdu donnent l'exemple

L'Organisation mondiale du tourisme s'est réunie à Chengdu où l'on tente de préserver les pandas géants pour parler tourisme durable.

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Tourisme durable : les pandas de Chengdu donnent l'exemple

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C’est dans la ville chinoise de Chengdu, célèbre pour ses programmes de reproduction d’une espèce menacée : le panda géant, que l’Organisation mondiale du tourisme vient de tenir sa 22ème Assemblée générale. Son thème : le tourisme durable pour le développement.

Ce n’est pas un hasard si l’Organisation mondiale du tourisme, institution des Nations Unies, a choisi Chengdu pour parler du tourisme durable à l’occasion de sa 22ème Assemblée générale. La capitale de la province du Sichuan dans le sud-ouest de la Chine est célèbre pour son centre de recherche qui travaille à la préservation du panda géant.

Cette espèce qui aujourd’hui, n’est plus en voie d’extinction reste menacée et le programme de reproduction mené sur place participe à l’accroissement de sa population avec près de 50 naissances ces trois dernières années.

“Ce projet illustre bien l’un des objectifs établis par l’Organisation mondiale du tourisme : encourager un tourisme qui soit utile au développement, mais aussi bon pour la planète et ses habitants,” précise notre reporter Seamus Kearney.

Un tourisme qui profite à tous

Les délégations de plus de 130 pays qui ont participé aux débats avaient une même préoccupation : le tourisme doit bénéficier à tous. “La durabilité, cela consiste à offrir une vie durable aux générations futures, estime Taleb Rifai, secrétaire général de l’Organisation. Aucune société responsable, aucune communauté responsable ne doit être oublié dans cet effort : l’enjeu, c’est la vie de demain, donc si on n’agit pas aujourd’hui, l’avenir est perdu,” insiste-t-il.

Il s’agit de rendre le tourisme plus respectueux de l’environnement, mais aussi d’en faire une arme contre la pauvreté dans certaines zones vulnérables. “Les entreprises de ce secteur doivent mieux tenir compte des populations et combattre la pauvreté, indique Rogers Valencia Espinoza, vice-Ministre du tourisme du Pérou. C’est un grand défi pour nous car nous avons un taux de pauvreté de 30% : c’est pour cela qu’il doit y avoir un aspect environnemental qui soit positif et des pratiques commerciales saines qui puissent proposer des produits de qualité à nos visiteurs étrangers,” conclut-il.

Catherine Abelema Afeku, ministre du tourisme du Ghana, nous en dit plus sur la situation dans son pays : “Le tourisme est central : c’est un thème qui est lié au développement durable puisqu’on utilise le tourisme comme un outil de développement. Et au coeur de cela, il y a l‘élimination de la pauvreté, l‘éducation,” énumère-t-elle.

Développement social

La lutte contre la pauvreté est aussi primordiale en Chine, la quatrième destination touristique au monde. Chengdu a d’ailleurs lancé un programme de développement intégré appelé “Tourisme +”. “Notre idée, c’est par exemple tourisme + soins et réhabilitation, tourisme + sports, tourisme + construction écologique et tourisme + culture,” explique Duo Yang Na Mu en charge du tourisme à la municipalité de Chengdu.

Sauvegarder le patrimoine culturel est un autre défi pour de nombreux pays. Le Portugal, par exemple, a choisi d’y consacrer 200 millions d’euros dans le cadre d’un programme ambitieux. Ana Mendes Godinho, secrétaire d’Etat portugaise au tourisme, s’enthousiasme : “C’est incroyable de voir l‘élan qu’il y a au sein des communautés locales pour créer des projets qui ciblent l’identité de leur région et de leurs produits et les transformer en offres touristiques.”

Le développement social est une autre priorité. Le Japon voit pour sa part, dans le tourisme, un moyen d’offrir à sa population vieillissante des contacts sur l’extérieur. “Ces personnes peuvent préserver leur style de vie et leur culture pour l’avenir en échangeant avec des visiteurs, en appréciant de pouvoir discuter et communiquer,” assure Mamoru Kobori, de l’Office national du tourisme japonais.

Des paroles aux actes

“Reste à passer des discours à l’action, indique Seamus Kearney. Un Code mondial d‘éthique du tourisme existe déjà pour les membres de l’Organisation :certains réclament une charte internationale plus contraignante,” dit-il.

En fin d’assemblée générale, l’Organisation a fait un pas en ce sens en adoptant une Convention-cadre contraignante sur la liberté de circuler pour les touristes ou encore les droits de ceux qui travaillent dans ce secteur.