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Les pressions d'Ankara sur le référendum kurde d'Irak

Le gouvernement turc brandit des menaces économiques, diplomatiques et militaires

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Les pressions d'Ankara sur le référendum kurde d'Irak

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Ankara affiche sa fermeté sur la question kurde. Ce samedi, le Parlement turc a donné son feu vert pour maintenir la présence de l’armée en Syrie et en Irak.
Les députés ont adopté la résolution déposée par le gouvernement qui demandait de prolonger d’un an le mandat des troupes, qui arrivait à son terme le 30 octobre prochain. Ils ont justifié ce vote par des “projets séparatistes illégitimes” en Irak, autrement dit, le référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien prévu ce lundi. Un scrutin auquel s’opposent fermement les autorités turques, qui y voient une “menace sérieuse pour la sécurité nationale”. Les activités du YPG, les milices kurdes du nord de la Syrie, sont aussi visées par cette initiative et sont considérées comme des groupuscules “terroristes”. Elles bénéficient pourtant du soutien des Etats-Unis pour combattre les djihadistes de l’organisation Etat Islamique.



Si la consultation populaire est maintenue au Kurdistan, la Turquie prévoit des sanctions économiques, diplomatiques, politiques et sécuritaires, a prévenu le Premier ministre turc Binali Yildirim ce samedi. Ankara est aujourd’hui la seule porte permettant à Erbil l’exportation de son pétrole via l’oléoduc qui débouche sur le port de Ceyhan. L’armée turque va également mener des manœuvres militaires à la frontière irakienne, avec des renforts de troupes, jusqu‘à mardi. Les autorités turques se sont rapprochées de l’Iran et de l’Irak pour faire front contre les velléités indépendantistes kurdes. Une position conforme à celle du Conseil de sécurité de l’ONU, qui redoute une déstabilisation de la région.