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Kurdistan : un référendum à haut risque

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Kurdistan : un référendum à haut risque

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Leur référendum d’indépendance aura lieu coûte que coûte. Les Kurdes d’Irak vont tenir ce lundi leur consultation populaire “quelqu’en soit le prix”, a déclaré Massoud Barzani, le président de la région autonome du Kurdistan irakien, et ce malgré les pressions de la communauté internationale.

Le conseil de sécurité de l’ONU, qui crainte une déstabilisation de la région, a proposé aux représentants du Kurdistan de trouver un accord avec Bagdad d’ici trois ans, sur le statut de région autonome, à condition d’abandonner la tenue d’une consultation populaire, mais en vain.

“Nous sommes arrivés à la conviction que l’indépendance permettra d’assurer notre avenir sans avoir les atrocités que nous avons subies par le passé”, a déclaré Massoud Barzani, Président du Kurdistan irakien. “Nous pouvons lui donner plus de temps afin de sécuriser la formule de bon voisinage entre le Kurdistan et Bagdad. Mais je tiens à souligner que nous ne reviendrons jamais à Bagdad pour renégocier. Le partenariat a échoué et nous ne le reprendrons pas.”


Le référendum doit se tenir dans trois gouvernorats irakiens, et dans des territoires disputés avec le gouvernement central. “Je demande instamment à tout le monde – ma famille, mes amis, mes proches – d’aller ensemble aux urnes et de voter « Oui » afin que nous puissions avoir un Kurdistan indépendant qui puisse se développer économiquement, culturellement et à tous les niveaux”, affirme un résident d’Erbil.

Le gouvernement irakien fait front aux côtés de l’Iran et de la Turquie pour tenter de dissuader les responsables politiques kurdes d’aller au bout du processus d’autodétermination. Ankara, qui craint les velléités indépendantistes de sa minorité kurde, multiplie de son côté les manœuvres militaires à la frontière irakienne et brandit les menaces de sanctions économiques, diplomatiques, et sécuritaires. Les autorités turques disposent d’un moyen de pression significatif sur le Kurdistan irakien, dont l‘économie est étroitement liée à la production de pétrole : quelque 550 000 des 600 000 barrils de brut produits chaque jour transitent par l’oléoduc traversant le territoire turc jusqu’au port de Ceyhan, qui constitue leur débouché quasi exclusif. La Turquie pourrait donc priver la région autonome de sa principale source de revenus. L’Iran a de son côté suspendu les liaisons aériennes entre Téhéran et Erbil, en guise de mesure de rétorsion.